Le Mufti dévoilé

Publié le par Tous ensemble

 

Australie/Islamisme : les propos du mufti unanimement condamnés

26.10.06

« Si vous placez de la viande dans la rue sans la couvrir et que les chats viennent la manger (...) qui doit-on blâmer, les chats ou la viande à l'air ? (…) La viande à l'air, voilà le problème ! Si [la femme] était restée dans sa chambre, chez elle, portant son voile, aucun problème ne serait arrivé ». Voilà en substance les mots prononcé à Sydney par le Cheikh Taj Aldin al-Hilali, le plus haut dignitaire musulman d’Australie dans un prêche durant le mois de ramadan, rapporte le quotidien The Australian. Ces propos qui comparent la femme à une tentatrice et l’homme à un animal incapable de se contrôler ont provoqué l’indignation des Australiens, hommes et femmes, religieux et athées. Il faut dire que ce genre de déclarations est plutôt malvenue quand on sait que le Premier ministre John Howard a exhorté en septembre dernier les 300 000 musulmans australiens à « mieux s'intégrer dans la société ».

La responsable de la Commission gouvernementale de lutte contre la discrimination, Pru Goward, a exigé que le religieux d'origine égyptienne arrivé en Australie du Liban en 1982 soit démis de ses fonctions et expulsé du territoire. « C'est une incitation au viol (…) doit-on permettre à un homme qui incite les musulmans au crime de demeurer sur le territoire ? », s'est-elle insurgée. Les organisations islamiques ont de leur côté condamné sans ambages les propos du mufti. Le Conseil islamique des Nouvelles-Galles-du-Sud a qualifié ses remarques de « non islamiques, non-australiennes et inacceptables ».

Tom Zreika, le président de l’Association des musulmans libanais (LMA) et, par ailleurs, propriétaire de la mosquée où a eu lieu le prêche, déclarait que « la LMA ne laissera personne enseigner des principes qui vont à l’encontre des valeurs de notre société ». Il concluait toutefois qu’il fallait laisser au mufti « le bénéfice du doute »… Le chef spirituel des musulmans australiens a tenté de se défendre en affirmant qu'il faisait spécifiquement référence aux prostituées. Plus tard il a déclaré qu’il ne faisait que citer un autre religieux, sans toutefois marquer son désaccord avec ses « citations ».

28.10.06  - le mufti va « prendre du repos » mais refuse de démissionner (Photo The Age)

Cheikh Taj Aldin al-Hilali, qui a présenté des excuses « sans réserves à toutes les femmes que mes commentaires ont pu offenser. Mon intention était de protéger l’honneur des femmes (…) », a néanmoins annoncé qu’il ne démissionnerait pas. Le mufti renoncera toutefois à prêcher pendant plusieurs mois et à se rendre au pèlerinage musulman du hadj. « Nous sommes parvenus à un accord pour qu'il prenne un peu de repos (...) et de temps pour voyager », a déclaré Tom Zreika, le président de l'Association des Libanais d'Australie.

Ses propos ont soulevé un véritable tollé dans le pays, et la responsable de la Commission gouvernementale de lutte contre la discrimination, Pru Goward, avait appelé à des mesures plus radicales : non seulement démettre le mufti de ses fonctions mais également l’expulser du territoire.

 

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