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Ne laissons pas Redeker avoir raison (Sonja Rivière)

Publié le par Sonja RIVIERE

On peut ne pas être forcément d'accord avec Robert Redeker, professeur de philosophie au lycée Pierre-Paul-Riquet de Saint-Orens de Gameville (Haure-Garonne) quand il affirme que "l'islam, dans son texte sacré exalte violence et haine".

Toutes les religions du Livre (et quelques autres) comportent des appels au meurtre. (Redeker ne manque d’ailleurs de le souligner dan son article du Figaro)

Mais Redeker et sa famille vivent, depuis huit jours, dans un endroit inconnu et sous protection policière. Après son article sur l'islam publié dans Le Figaro du 19 septembre dernier, Youssef Al-Qardawi l'a nomminé dans sa fameuse cheikh-liste, à la télévision Al-Jezira. Redeker a désormais un contrat, pardon, une fatwa, ou l'équivalent, sur sa tête. En tout cas, n'importe quel cinglé peut le trucider à l'aise pour aller au paradis. Et ça n'a pas traîné. Les menaces écrites sont suffisamment graves pour que l'enquête soit confiée à la section antiterroriste du parquet de Paris.

Alors, Redeker a finalement raison.

La religion ânonnée par des centaines de milliers d'enfants dans les écoles coraniques du Pakistan, du Soudan, de Somalie et en général des pays sous domination islamiste, cette religion prêche la haine de l'occident. Dans les pays sous dictature des fous de Dieu, l'appel à la prière est un appel au meurtre. Le mois sacré de ramadan doit apporter son quota de sacrifices humains. Se faire exploser au milieu de la foule musulmane en Irak, en Palestine, au Liban, est un exploit vanté par les mères des "martyrs". Le Livre interdit le suicide ? Les fous ne lisent pas. Ne comprennent pas. Ne pensent pas. Ils vouent un culte à la mort et lui dressent des autels de cadavres d'infidèles ou d'apostats. Qu'importe le Coran pourvu qu'on ait l'ivresse des grands fonds !

Malheureusement, Redeker a raison.

Se foutant de l'esprit et de la lettre du texte sacré, les fous de Dieu tricotent une religion de haine, de rancoeur et de sang. Ils la trament depuis les années 1920. Aujourd'hui, c'est un tissu très fin, en apparence, cardoublé de matériau isolant (pour isoler les "fidèles" des sociétés impies). Si l'on s'en approche, il vous colle à la peau comme une tunique de Nessus. Théo Van Gogh en est mort, Salman Rushdie a bien failli, et Redeker est épinglé sur la liste. Sans oublier les dizaines de milliers de musulmans labellés "apostats" dans les pays islamiques, comme en Algérie.

La même semaine, le Deutsche Oper de Berlin annulait la programmation de l'opéra de Mozart, "Idoménée", par crainte de réactions islamistes. On y voit le roi de Crète Idoménée poser les têtes coupées de Poséïdon, Jésus, Bouddha et Mahomet sur des chaises. Un blasphème polythéiste, en somme, mais qui a, paraît-il, suscité des menaces préventives. Par prudence (?), la directrice de la salle a préféré assassiner Mozart (symboliquement).

Là encore, Redeker a tort d'avoir raison. Il écrit en effet que nous assistons désormais à "une islamisation des esprits, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l'islam". Parce qu'à force d'entendre et de voir les mêmes vieilles (ou jeunes) barbes vitupérer depuis des années contre la décadence occidentale, on finit par se dire que, oui, c'est vrai, il y a une réelle démission à laisser ainsi se propager la haine. Et la peur. Mais le combat n'est pas celui de l'islam contre l'occident. Il est celui de la barbarie contre la civilisation, de la folie contre l'intelligence, de la dictature contre la démocratie. Et dans ce combat, les hommes et les femmes qui vivent sous domination islamiste sont en première ligne.

Les fous de Dieu ne sont ni courageux ni forts. Ils tuent au hasard dans la foule, s'acharnent sur des cibles faciles (une religieuse de 70 ans, un philosophe). Ce ne sont pas des loups mais des hyènes puantes. Ils ne chassent pas. Ils se repaissent des proies égarées par l'indifférence coupable de nos démocraties aveugles. Ils ne sont forts que de nos lâchetés intellectuelles, de cette stupidité abyssale qui feint de confondre la veulerie avec le respect de l'autre.  Quand osera-t-on interpeller les soi-disant "docteurs de la loi" islamique sur leur silence assourdissant à l'égard des crimes commis au nom de leur foi ? En se taisant, ils cautionnent limage d'une religion de croisade, d'une sauvagerie moyen-ageuse. On peut aussi penser que les opposants de l'intérieur de l'islam, croyants ou non, ont peut-être du mal à accéder à une parole médiatique. Pas suffisamment agressifs, sans doute ? Il est vrai qu'un beau prédicateur rasé de loin justifiant à mots voilés la lapidation de la femme adultère, ça vous fait vibrer un plateau de télévision ! Qu'il est bon de détester cordialement un ennemi estampillé comme tel ! Les fous de Dieu sont passés maîtres dans l'art de se créer des ennemis en forme de caricatures.

Mais eux-mêmes ne sont que d'immondes caricatures.

La décadence, elle, c'est celle de l'instrumentalisation d'une religion transformée en idéologie totalitaire. Brandie par les intégristes, elle n'est même pas un étendard : à peine une feuille de vigne. Et qui peine désormais à cacher ses parties honteuses : jalousie, frustration, haine de soi, vide sidéral de la pensée, degré zéro de l'intelligence, fascination de la mort.

Cette caricature d'islamisation des esprits est devenue insupportable.

Et en ce sens, force est de reconnaître que Redeker avait raison.

Sonja RIVIERE

Publié dans Raisonances

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