L'INTEGRISME
n. m. XXe siècle. Dérivé d'intégriste ou emprunté de l'espagnol integrismo.Au sein d'une religion, attitude qui consiste à refuser, au nom de l'intégrité de la doctrine, toute interprétation nouvelle, toute évolution des pratiques traditionnelles, tout changement. L'intégrisme se mue facilement en fanatisme. Par anal. Intégrisme politique.

LE FANATISME
n. m. XVIIe siècle. Dérivé de fanatique. 1. Vieilli. Disposition d'esprit, comportement d'une personne qui se croit inspirée par la divinité. 2. Zèle outré et intolérant pour une religion, une croyance. Le fanatisme d'un inquisiteur. Par méton. Le fanatisme des guerres de Religion. 3. Attachement exclusif et intraitable à une doctrine, à un parti, à une opinion. Les fanatismes de tous bords.

Jeudi 19 octobre 2006 4 19 10 2006 12:06
L'affaire des « caricatures » de Mahomet n'a rien à voir avec le respect des croyances. C'est une gigantesque opération de décervelage qui est à l'oeuvre à la fois dans les pays occidentaux et dans les pays où l'islam est religion dominante. La méthode est rodée depuis longtemps. Nos amis algériens se souviennent des débuts de l'émergence islamiste.

On prétend que l'islam interdit toute représentation du Prophète. C'est faux, mais ça marche. Mais surtout, n'y a-t-il pas une disproportion ahurissante entre quelques dessins parus dans le journal d'un petit pays perdu dans les brumes du Nord, et ces jeunes dansant la danse du scalp devant des ambassades en feu ? Comment ces quelques croquis (certains biens sentis, osons le reconnaître) ont-ils réussi embraser le monde musulman, et à embarrasser le monde occidental ?
Réponse : par la grâce de l'obstination des islamistes internationalisés. Qui auront quand même mis quatre mois à allumer des mèches sur un volcan toujours fumant. Il ne restait plus qu'à souffler sur les braises.

Entre septembre 2005 et janvier 2006, l'islamisme mondialisé a donc pris son bâton de pèlerin pour faire le tour des capitales arabes (notamment), un dossier de 42 pages sous le bras. Dossier incluant au passage trois fausses caricatures ramassées on ne sait où (ou fabriquées pour l'occasion), à caractère insultant et abject. Au cas où les véritables dessins auraient paru trop fades.

Aujourd'hui, grâce au web, tout le monde a pu prendre connaissance des dessins incriminés.

Y a-t-il de quoi fouetter un mollah ?

Le 17 octobre dernier, les caricatures du prophète ont été publiées par le journal égyptien Al Fager, dont une en première page. En plein mois de ramadan, personne n'est descendu dans la rue pour conspuer les Danois. Alors, que s'est-il passé trois mois plus tard ?

On assiste, nous dit-on, à l'émergence d'une susceptibilité musulmane. Toute foi est respectable, et l'honneur de la démocratie est de protéger la liberté de croyance. En foi de quoi, suivez-moi bien, j'atteste qu'il est interdit  de critiquer tout ce qui a trait à la religion : Dieu, les prophètes, le foulard des femmes, la barbe des hommes, l'interprétation salafiste du Coran... Impossible de dénoncer la lapidation des femmes, Tariq Ramadan, lui-même, ne s'y risque pas. On est bien loin des dessins danois ? Pas si sûr.

Un dessin est une représentation. Or, que représentent les caricatures ? Tout simplement la façon dont l'islam est caricaturé par ceux qui s'en proclament les plus ardents défenseurs. Aucun caricaturiste danois n'a encore, que je sache, égorgé tout un village algérien ni commis un attentat kamikaze à la Gare Centrale à une heure de grande affluence. La bombe en forme de turban, ce sont les islamistes qui l'ont posée sur la tête
de Mahomet. La main arrachée qui dessine un Dieu ricanant couleur de sang, c'est celle que les islamistes ont plongée dans le sang algérien durant la décennie maudite. De même que les « Verset sataniques » de Salman Rushdie décrivait un ayatollah sous les traits d'un Molloch, dévorant le peuple iranien. Ceux qui crient aujourd'hui à l'incitation à la haine raciale justifient-ils la fatwa contre Rushdie ? Musulmane, Ayaan Hirsi Ali, la scénariste du film qui a coûté la vie à Théo Van Gogh, avait approuvé cette fatwa, à l'époque. Aujourd'hui, elle dénonce son aveuglement. Elle est sous le coup d'une sentence similaire.

Réveillons-nous, que diable ! Qu'est-ce qui salit véritablement l'honneur des croyants ? Un dessin de presse ou une barbarie immonde commise au nom de la religion ? Pourquoi ceux et celles qui crient au blasphème restent-ils muets quand une bombe assassine des croyants en prière dans une mosquée d'Arabie Saoudite ? Pourquoi celles qui défilent « pour défendre leur foi » contre des dessins « impies » restent-elles chez elles quand des femmes sont lapidées, mutilées, violées au nom de cette même « foi » en pays d'islam ? Pourquoi les docteurs de l'islam ne lancent-ils pas des fatwas contre les fous furieux qui égorgent, enlèvent, mutilent et assassinent au nom de l'islam ? Si l'islam, pour des raisons de fanatisme politique, est devenu un symbole de terreur et de mort, ce n'est pas la faute des caricaturistes danois.

Les caricatures danoises n'ont rien d'insultant pour les musulmans. Ce ne sont même pas des caricatures. Ce qu'elles montrent n'est ni une distorsion ni même une amplification de la réalité. La réalité de l'islamisme radical dépasse toutes les caricatures. Que cela soit dit haut et fort : il est lui-même une immonde caricature ! Si la rue égyptienne ne s'est pas soulevée lors de la première publication des dessins dans ce pays, c'est que cela ne lui est même pas venu à l'esprit. Parce que ces croquis croquent le reflet d'un islam tel que le fait apparaître aujourd'hui, fanatique et dévoyé, l'intégrisme islamiste.

Son objectif se dessine plus clairement qu'une caricature danoise : imposer un apartheid religieux, créer des morceaux de société islamiste où il serait le maître (comme le projet de tribunaux islamiques fondé sur la charia au Canada), bref, séparer les musulmans de toute communauté nationale. L'intégrisme islamiste veut interdire tout esprit critique, toute interprétation personnelle de la foi, toute conduite « déviante ». L'Algérie a vécu ce processus délétère. La provocation fanatique autour des caricatures est un signe avant-coureur.

La liberté d'expression, c'est aussi la liberté de pensée. Limiter la liberté de pensée au nom de la liberté religieuse, y compris dans les pays non musulmans, c'est ce que réclament à présent les islamistes. Imposer aux démocraties occidentales leur propre conception (totalitaire et archaïque) de l'islam. Interdire aux non musulmans de parler de l'islam, de critiquer les coutumes islamiques, de défendre les droits de l'homme (et de la femme).

L'Europe a connu un précédent, en son sombre Moyen Age. Il avait nom la Sainte Inquisition. L'Europe est désormais vaccinée contre toutes les Inquisitions, et les voit venir de loin. 

La réalisation d'un front uni contre le terrorisme intellectuel islamiste est la meilleure réponse que nous pouvons apporter à cette affaire des caricatures.

Sachant que si la crainte réussit à pénétrer dans les esprits, c'est le début de l'acceptation d'une idéologie totalitaire.

Sonja RIVIERE
Par Sonja RIVIERE - Publié dans : Raisonances
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Un député contre les discriminations racistes

Dans un communiqué de presse du 19 septembre dernier, Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres, député de l’Essonne et président de Debout la République, s’insurge violemment contre les pratiques communautaristes de l’UMP de Nicolas Sarkozy :

 
"Je viens de recevoir une lettre stupéfiante d’Yves Jego, collègue de Seine et Marne, Secrétaire National de l’UMP en charge des nouvelles adhésions, me conviant à une réunion des élus UMP “issus des minorités visibles”. Pire, il me demande de transmettre cette invitation aux membres de mon conseil municipal qui en feraient partie ! Qu’est-ce qu’une minorité visible? Les porteurs de lunettes rouges ? Les amateurs de kilt écossais ? Ceux qui raffolent des perruques ? Plus sérieusement, il s’agit des personnes de couleur ! En un mot, derrière cette expression d’une immense hypocrisie, l’UMP me demande s’il y a un “Black” ou un “Beur” dans mon conseil municipal. C’est le retour de l’apartheid, sous couvert d’une charité condescendante et d’arrière-pensées électoralistes. Quelle insulte pour les Français de toutes origines ! Je n’ose même pas transmettre cette lettre au conseiller municipal d’origine antillaise qui siège dans mon conseil, il serait, j’en suis sûr blessé dans sa chair de Français. Cette discrimination "positive" est dégradante et porte atteinte à la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen comme à la devise de notre République, “Liberté-Egalité-Fraternité”.

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