Turquie - šTentatives islamistes

Publié le par Tous ensemble

Le samedi 28 octobre 2006

 

Sezer met en garde contre tout recul de la laïcité en Turquie

 

Agence France-Presse - ANKARA

 

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a jugé "impensable" samedi tout recul mettant en cause le régime laïc turc, dans un message rendu public à la veille du 83ème anniversaire de la proclamation de la république de Turquie.

"Le principe de la laïcité est la pierre angulaire du processus de transformation" lancé le 29 octobre 1923 par Mustafa Kemal Ataturk lorsqu'il a proclamé la création de la République de Turquie succédant à l'Empire ottoman, a déclaré M. Sezer.

Accepter des concessions mettent en cause "les acquis et les principes de la République turque est impensable", a-t-il souligné.

 

M. Sezer, défenseur sans concession du régime laïc en place, est un farouche partisan de l'interdiction faite aux femmes de porter le voile islamique dans la fonction publique et les universités. Le voile est perçu par les défenseurs de la laïcité comme un signe de soutien à l'islam politique.

Il a notamment toujours refusé d'inviter des femmes portant le voile à la traditionnelle réception du 29 octobre organisée au palais présidentiel, une attitude qui a suscité l'indignation de nombreux députés du parti de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste, au pouvoir depuis 2002).

Ces députés et leurs épouses ont boycotté les réceptions présidentielles.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan s'est pour cette raison jusqu'à présent rendu seul à la réception du 29 octobre, sans son épouse Emine.

Selon le journal Hurriyet, M. Sezer a imposé de nouveau cette année le même code vestimentaire strictement laïc pour la réception du 29 octobre. Une cinquantaine seulement de députés AKP, sur les 355 appartenant à ce parti, devraient accepter d'assister à la réception de dimanche, écrit samedi le journal.

Le président Sezer a également mis en garde contre les agissements des confréries islamiques, interdites par la loi mais tolérées de facto, qui "cherchent à élargir leur sphère d'influence, notamment dans le domaine de l'éducation".

"Leurs efforts en vue de devenir plus puissantes et d'imposer leur autorité aux citoyens ... sont inacceptables", a-t-il dit.

Le président Sezer a souvent mis son veto à des projets de loi du gouvernement de M. Erdogan, qu'il considérait comme des tentatives d'accroître l'influence de la religion dans l'éducation nationale.

 

 

 

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