L'INTEGRISME
n. m. XXe siècle. Dérivé d'intégriste ou emprunté de l'espagnol integrismo.Au sein d'une religion, attitude qui consiste à refuser, au nom de l'intégrité de la doctrine, toute interprétation nouvelle, toute évolution des pratiques traditionnelles, tout changement. L'intégrisme se mue facilement en fanatisme. Par anal. Intégrisme politique.

LE FANATISME
n. m. XVIIe siècle. Dérivé de fanatique. 1. Vieilli. Disposition d'esprit, comportement d'une personne qui se croit inspirée par la divinité. 2. Zèle outré et intolérant pour une religion, une croyance. Le fanatisme d'un inquisiteur. Par méton. Le fanatisme des guerres de Religion. 3. Attachement exclusif et intraitable à une doctrine, à un parti, à une opinion. Les fanatismes de tous bords.

Tribune libre

Dimanche 22 octobre 2006
Dans le combat contre les totalitarismes et la lutte pour les libertés et la dignité humaine, nous pensons que la ligne de démarcation ne passe pas obligatoirement entre l'Occident et l'Orient, entre le Nord et le Sud, mais plutôt entre intégristes de toute obédience et rationnels de tous les pays. Entre autoritarisme et démocratie. Entre ceux qui possèdent la Vérité et ceux qui savent douter.


Les discours islamistes dans le monde musulman ont émergé dans des contextes politiques et économiques très différents. Malgré leur ressemblance manifeste, il serait toutefois erroné de considérer ce phénomène comme un mouvement unique et homogène. Les conflits locaux, leur médiatisation, les transformation sociales, les crises économiques, les références étrangères façonnent des mouvements islamistes polymorphes et diversifiés. Cependant, malgré ces dissemblances, les fondamentalistes musulmans sont consensuels sur deux questions étroitement liées : la quête de l'identité et le statut de la femme.

En effet, incapables de définir et de promouvoir une politique et une économie alternative qui soient spécifiquement islamiques, les intégrismes musulmans n'ont identifié qu'un seul domaine porteur de l'essence de l'identité islamique : la question de la femme. La revendication du port du voile islamique pour les femmes est le point pivot de toute leur politique à l'égard des femmes et même de toute leur idéologie. Un déchiffrage rapide de leurs discours nous montre que le hijab cristallise tout le système anthropologique, juridique, culturel et politique de l'islamisme.

 
Un discours du refus

 
Au regard de cette lecture, nous comprenons que ce vêtement n'est que la partie apparente de l'iceberg. La signification du voile islamique, indépendamment des variantes socioculturelles qu'il adopte, transcende largement celle d'être un simple uniforme, supposé protéger le corps féminin de la convoitise des hommes. Derrière le voile, il y a toute l'interprétation rétrograde de la chariaâ. Il y a les trois inégalités essentialistes qui caractérisent cette interprétation :

L'inégalité entre homme et femme, l'inégalité musulman et non-musulman et l'inégalité entre homme libre et esclave. Ainsi, le voile devient un message religieux qui nécessite une interprétation. Il révèle des conceptions rétrogrades occultées par la dissimulation tactique «taquiyya» prônée dans les propos officiels politiquement corrects : comme la supériorité du musulman sur l'infidèle, l'interdiction de la liberté de conscience, l'intolérance, la polygamie, la répudiation et la lapidation. Le discours que véhicule le voile islamique est donc un discours de refus, refus du sujet de son autonomie, de sa liberté, de l'égalité homme-femme, de la mixité, de la laïcité de l'espace public, des droits de l'homme, des valeurs démocratiques.

Les intellectuels qui défendent le voile islamique et le considèrent comme un symbole impartial en cultivant le doute relativiste et en sacralisant la recherche de l'altérité et le culte de la différence doivent tenir compte des faits suivants :

- Sur le plan étymologique, le terme «voile» en français est utilisé comme traduction du mot arabe «hijab». Or du point de vue linguistique, cette traduction est un glissement de sens. Le mot «voile» devrait traduire «nikab» ou «khimar», car le nikab et le khimar sont, comme le voile, une pièce d'étoffe servant à cacher le visage. Par ailleurs, la traduction du mot arabe «hijab», qui est apparu dans le Coran, par «voile» n'est pas exacte, car le terme adéquat est «store», «draperie», «paravent» ou «rideau». En effet, le mot hijab dérive du verge hajaba : «dérober aux regards, cacher». En médecine, c'est une membrane qui sépare les unes des autres certaines parties de l'organisme.

C'est ainsi qu'on parle de hijab al djawf (diaphragme) ou de hijab al bukuriyya (hymen). Aux yeux des mystiques, le hijab est tout ce qui voile le but, tout ce qui rend l'homme imperméable à la réalité divine. Le hijab est également le talisman écrit par un cheikh qui permet à son porteur une séparation mystique, une protection contre les aléas du réel.

Par ailleurs, le thème du hijab est abordé huit fois dans le Coran dans les sourates 7, 17, 19, 38, 41, 42, 83 et 33. Et pas une seule fois pour désigner l'habit dont la femme devrait se couvrir la tête. Les seuls versets qui contiennent des recommandations vestimentaires et de pudeur sont les versets 30 et 31 de la sourate 24 ou sourate «Al Nour». Egalement, dans le verset 59 de la sourate 33 ou sourate «Al Ahzab», Allah conseille aux femmes du Prophète de se faire reconnaître en dépliant sur elles leurs jalabib (manteau ou cape). Il ne s'agit pas donc d'un nouvel élément vestimentaire, mais d'une nouvelle façon de porter l'ancien, de se distinguer au niveau des gestuelles.

En outre, ce verset concerne effectivement les femmes, mais pas n'importe quelles femmes. Il vise clairement les mères des croyants qui ne sont autres que les femmes du Prophète, auxquelles on doit respect, et que l'on ne peut prendre pour épouses, veuves ou divorcées, puisque le Coran leur a octroyé le titre de Mères de tous les croyants. Certains exégètes rappellent que la différence de traitement en ce qui concerne leur impossibilité de se remarier, citée dans le même verset que le hijab, et le double châtiment ou la double récompense qui ne s'adressaient qu'à elles souligne bien qu'il ne s'agit pas d'une règle universelle mais d'une spécifique et contextuelle s'appliquant exclusivement aux épouses du Prophète.

La décision arbitraire de certains exégètes de considérer ce verset comme ayant une portée générale, c'est-à-dire intemporelle, universelle, valable pour toutes les situations, est contraire aux exigences orthodoxes de l'exégèse qui prescrit de tenir compte des causalités, «asbab annuzul». Cette supercherie constitue le principal fonds de commerce des positions rétrogrades de l'islamisme et des milieux conservateurs en niant l'historicité et la relativité du texte sacré.

Les oulémas musulmans affirment que le voile islamique est obligatoire uniquement pour la femme libre. Pour les fuqahas des quatre écoles de la jurisprudence musulmane, l'école malékite, hanafite, chaféite, hanbalite, la femme esclave qui est écartée des circuits de la circulation des épouses et éloignées de la filiation généalogique ne doit pas se voiler, sa awra (zone corporelle qui doit être cachée) est assimilée à celle de l'homme afin de favoriser la traite des esclaves et protéger les intérêts commerciaux. Le calife Omar Ibn Khattab punissait sévèrement la femme esclave qui osait se voiler car elle mettait en danger la distinction de classe entre femme libre et femme esclave.


Déni de la différence

 

-       A toutes les époques, le port du voile a été réfuté au sein même du monde musulman. A commencer par l'arrière-petite fille du Prophète Mohamed, Sukaïna Bint El Hussein, qui refusait obstinément de porter le voile. Aïcha Bent Talha, la petite-fille du premier calife de l'Islam et compagnon du Prophète, Aboubakr, affirmait quant à elle que «si Dieu lui avait fait don de sa beauté, elle ne voyait pas pourquoi elle devrait la cacher sous un voile». Depuis ce temps, les mouvements progressistes et féministes l'ont toujours contesté.

-       Dans certains pays musulmans, le voile est imposé également aux femmes non musulmanes, ce qui révèle ses véritables enjeux : phobie de la féminité, déni de la différence de sexe, déni de la différence elle-même qui remet en cause la parole univoque !


Aujourd'hui, on comprend aisément que le voile islamique nous apparaît comme un signe politique et comme un marqueur religieux. Il cristallise une série d'exigences imposées à la femme musulmane : l'abdication d'être un esprit libre dans un corps réapproprié. Vu que lorsque la norme disciplinaire réussit à pénétrer le quotidien pour quadriller et stériliser le corps, le désir, la sensibilité esthétique, bref la disposition innée de l'homme au plaisir, cela permet toutes les dérives totalitaires. Et dans le combat contre les totalitarismes et la lutte pour les libertés et la dignité humaine, nous pensons que la ligne de démarcation ne passe pas obligatoirement entre l'Occident et l'Orient, entre le Nord et le Sud, mais plutôt entre intégristes de toute obédience et rationnels de tous les pays. Entre autoritarisme et démocratie. Entre ceux qui possèdent la Vérité et ceux qui savent douter. Dans cette perspective, le voile ne sera plus évalué en termes de modernisme ou de spécificité culturelle, mais plutôt jugé par le seul critère normatif qui vaille : l'humanité de l'homme.

 

Pr. Iqbal AL GHARBI (Université Zeïtouna)
"La Presse de Tunisie" (21 octobre 2006)

Par Pr. Iqbal AL GHARBI
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Lundi 23 octobre 2006

La laïcité est une valeur universelle et millénaire, rempart contre l'inquisition et l'intégrisme religieux, mais on assiste depuis la fin du siècle dernier à l'apparition d'une menace qui rétrécit de plus en plus son champ d'influence et, partant, celui des libertés individuelles et collectives chèrement acquises là où elles le sont.

L'islamisme (islam politique) en est la menace principale et, comble des temps qui passent diront certains, ce phénomène agit même hors de ce qu'on appelle communément "terre d'islam" (pays dit musulmans).

Les raisons sont multiples et ce n'est guère l'à-propos de ce message qui se veut solidaire et amical. Il s'agit en fait d'une proposition : jeter les ponts entre les deux rives de la Méditerranée pour une coopération contre la montée de l'islamisme et toute forme d'intégrisme religieux et ce, à travers des relations bilatérales entre les organisations laïques, des droits de l'homme, de femmes, etc. qui agissent en Afrique du Nord (avec l'idée d'élargissement progressif aux autres pays "musulmans") et en Europe, en France principalement. Une coopération qui se construira sur la base d'échanges (conférences, colloques, autres activités...)et donc d'un programme d'action qui débouchera à long terme sur une organisation mondiale interculturelle et interconfessionnale pour la laïcité dans le monde.

Sur cet proposition-esquisse qui se veut aussi brève et claire, je souhaite trouver auprès de vous, écoute et compréhension, mais surtout une disposition à relever ce défi pour lutter pour un monde meilleur, et un monde meilleur est celui où régnera la laïcité.

Halim AKLI (militant laïque en Algérie)

Par Halim AKLI
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Mardi 24 octobre 2006

On aimerait pouvoir écrire, de temps en temps, sur autre chose que sur l’islamisme radical. Malheureusement, les jours se suivent et se ressemblent de plus en plus, et chaque semaine amène son lot de mauvaises nouvelles. Ces dernières semaines, nous avions déjà vécu l’affligeante polémique sur les propos de Benoît XVI (qui témoignait surtout du désastreux niveau intellectuel des imams et autres maîtres à penser qui s’autoproclament "guides" des communautés musulmanes), puis l’ubuesque affaire de ce policier britannique d’origine pakistanaise qui refusait de monter la garde devant l’ambassade d’Israël à Londres. Une position que l’establishment de la police britannique semblait trouver tout à fait compréhensible.

Ces derniers jours, nous avons eu droit à quatre nouveaux incidents.
A Lyon, une jeune lycéenne a été blessée par lapidation parce qu’elle mangeait durant le Ramadan.
A Paris, la décision de retirer leur accréditation à 43 bagagistes pour raisons de sécurité a rallumé la polémique sur les salles de prière clandestines dans les aéroports.
En France encore, on apprenait le 20 octobre que deux gynécologues avaient été violemment agressés à Paris pour avoir assisté des femmes qui accouchaient.
A Londres, ce sont les propos de Jack Straw (soutenu par Tony Blair), sur le voile islamique qui créent des tensions.

Quatre "incidents" révélateurs. Comme est révélatrice, parfois, la réaction des uns et des autres à cette triste actualité. A Lyon, M. Azzedine Gaci, président du Conseil régional du Culte musulman s’émeut de ce qui s’est passé. Pour lui, il serait nécessaire d’enseigner le Coran à l’école (sic !) pour que les "élèves sachent qu’une femme indisposée n’est pas astreinte au Ramadan". Ce commentaire amène deux réflexions. Tout d’abord, il nous semble que faire savoir qu’une jeune fille mineure a eu ses règles à tel ou tel moment est une violation de sa vie privée. Ensuite, si on lit bien monsieur Gaci, on pourrait presque en déduire qu’il serait légitime, au fond, de lapider une femme qui n’observe pas le Ramadan si son attitude n’est pas justifiée par des raisons de santé…

Dans le dossier des bagagistes, une association antiraciste et des syndicats évoquent "une chasse aux musulmans". Hélas, le problème est pourtant simple : si l’on cherche des islamistes radicaux, on a plus de chance de les trouver au sein de la communauté musulmane que chez les Témoins de Jéhovah.

A Londres, enfin, le président de la Commission pour l’égalité raciale, M. Trevor Phillips, met en garde contre le risque d’émeutes si l’on s’en prend au Niqab, ce voile total qui ne laisse apparaître que les yeux de la femme qui le porte. Autrement dit, acceptons tout et n’importe quoi pour préserver l’ordre public.

En définitive, on ne relèvera que deux sujets de satisfaction dans ces réactions : la position sans concession de l’association professionnelle des gynécologues de France qui estime à raison qu’il est inacceptable d’organiser le rôle des hôpitaux en fonction de la religion des patients, et celle de nombreux musulmans et musulmanes qui, sur les forums de plusieurs sites Internet (dont
www.bladi.net) se scandalisaient de l’obscurantisme des époux qui avaient cru bon de venger leur honneur (?) en passant des médecins à tabac. Une réaction, soit dit en passant, qui prouve bien que de très nombreux musulmans ne partagent pas la vision stupide et rétrograde de l’islam que certains voudraient voir triompher.

Ah ! Oui, il y a aussi Nicolas Sarkozy qui a déclaré, très sereinement, que son rôle était d’éviter des drames. Il a bien compris, lui, que la défense de nos valeurs, la défense de la laïcité et de la démocratie sont devenues des enjeux vitaux.

Si un homme s’estime insulté parce que sa femme est examinée par un médecin homme, c’est très triste pour lui, mais il n’a rien à faire en Europe. Si un homme estime que sa femme ou sa sœur se doit de porter le Niqab (ou, pourquoi pas, la Burka), il n’a rien à faire en Europe. Si des jeunes gens estiment que c’est être "bon musulman" que de lapider une jeune fille qui mange pendant le Ramadan, ils n’ont rien à faire en Europe. Il y a dans le monde assez d’endroits charmants comme l’Arabie saoudite ou le Pakistan où ces attardés pourront vivre pleinement leur version de l’islam.

Et si les politiques et les médias ne le disent pas haut et fort, si la situation continue à se dégrader, un jour, nous, les laïcs et les démocrates (en ce compris de très nombreux musulmans) nous nous retrouverons pris entre l’islamisme radical et l’extrême droite.

Claude MONIQUET, président de l’ESISC
(European Strategic Intelligence and Security Center
)
(23 octobre 2006)

 

Par Claude MONIQUET, président de l’ESISC
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Samedi 28 octobre 2006

Le mouton de l’Aïd court toujours

Imaginons, le jour de la fête de l’Aïd, la publication dans la presse française du dessin d’un mouton fuyant à toute vitesse, poursuivi par un homme brandissant un couteau. Dans la bulle, le mouton dit : « Mais pourquoi veulent-ils m’égorger ? Pourtant, je ne suis ni une femme ni un intellectuel ». Le Conseil français du culte musulman (CFCM), Mouloud Aounit, le ban et l’arrière-ban de l’islamisme hexagonal monteraient au créneau pour dénoncer l’ « incitation à la haine raciale » et traîner le caricaturiste devant les tribunaux. L’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) en profiterait pour réactiver, devant l‘ONU, son exigence d’un délit de blasphème. Mais rien de tout cela ne s’est produit. C’était en 1994, une caricature de Dilem publiée dans un quotidien algérien, en Algérie, au plus fort des années de sang qui martyrisèrent ce pays durant dix ans.

L’analyse de cette amusante caricature est faite douze ans plus tard. « La bête parle et fait de l’humour avec les affaires religieuses : c’est ignoble... Il y a plus grave encore : en courant plus vite que l’homme qui veut le trucider, il (le mouton) ridiculise ce paisible musulman sacrifiant et humilie l’ensemble de la communauté musulmane, sinon la totalité des milliards de musulmans morts et vivants. Mais le pire n’est-il pas que ce mouton fuyant de peur devant un musulman qui veut le manger est de toute évidence islamophobe ! » commente Fethi Benslama, le 24 février 2006, lors d’un meeting organisé à la Cartoucherie de Vincennes pour dénoncer « la censure islamiste ».

Le 30 septembre 2005, le quotidien conservateur danois ‘‘Jyllands-Posten’’ avait publié douze caricatures du Prophète Mahomet. Quatre mois plus tard, le lobby international des Frères Musulmans -soutenus notamment par l’Egypte- ose des menaces de mort et, grâce à de faux dessins, déclenche des manifestations au Moyen-Orient, faisant des morts et des blessés… parmi les émeutiers musulmans. Les caricaturistes danois (non musulmans) deviennent officiellement des cibles potentielles pour les intégristes. « Une nouvelle machine a été depuis inventée, celle du « musulman humilié » : une machine infernale, puisque alimentée par une réalité certaine de mépris et des droits bafoués ici et là, tendant à justifier et à armer le mythe identitaire qui veut, au nom du sacré, poursuivre l’éradication de tout écart à la communauté des croyants, et légaliser, par les descendants de la révolution des libertés, l’empêchement de parler, d’écrire, de dessiner » analyse alors Fethi Benslama. Sept mois plus tard, il soutient exactement le contraire : le brûlot du philosophe Robert Redeker  vise à « produire la honte d’être  musulman ». Y aurait-il un Dr Fethi et un Mr Benslama ?  L’un, psychanalyste brillant, décortiquant l’hiver ce que l’autre, le « musulman humilié », profère l’été, comme dans une suggestion hypnotique ?     

Car le psychanalyste du 24 février 2006 n’hésite pas développer une critique hardie à propos de l’affaire des caricatures danoises : « Au nom de l’islam, tout est prétexte non seulement à interdire, à condamner, à excommunier, mais à éradiquer ce qui peut représenter l’« ironie de la communauté », la critique de son mythe (…) Car la censure au nom de l’islam tue, sacrifie, grille au feu de l’Enfer et dévore les insoumis, afin de les soumettre à la religion de la soumission » Et de citer l’écrivain Haydar Haydar, qui, en avril 2000, faisait proférer à l’un de ses personnages, dans son roman « Festin pour les algues marines » (publié à Chypre en 1993) : «Les lois des divinités bédouines, l’enseignement du Coran, c’est de la merde». Déclaré apostat, Haydar fit l’objet d’une condamnation à mort de la part  d ‘ « imam sporadique » ou d’ « un illettré coranique fatwatant » brillamment fustigés par ce même Benslama toujours en février dernier. Qui concluait d’ailleurs : « Après la condamnation pour une fiction de blasphème, à quand  le meurtre pour blasphème inconscient ? »

Eh bien le 19 septembre 2006, la réponse est tombée, déclenchée comme une bombe par un pamphlet virulent paru dans les colonnes du Figaro et intitulé : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? ». On attend maintenant une mise en pratique de l’exergue du Manifeste des Libertés, «  De même que l’Europe n’est pas la seule affaire des Européens, l’islam n’est pas la chose exclusive des musulmans ». L’idée commence à faire son chemin que les textes dits sacrés appartiennent au patrimoine littéraire de l’humanité. Et qu’en conséquence, il est loisible à tout un chacun de les traiter comme des objets littéraires. Qu’on peut détester ou aimer. Céline, qui haïssait les juifs, écrivit des horreurs antisémites. Aucun fanatique juif ne l’a condamné à mort pour autant.

Mais le 25 octobre 2006, à propos de l’affaire Redeker, Fethi Benslama souligne « Adhérer à la défense sans réserves (de Redeker),  c’est (…) faire apparaître un bloc d’« Occidentaux » outrageant  l’islam, contre un bloc de « Musulmans » le défendant, « un  monde libre » (expression de l’une des pétitions) contre un  monde qui ne désirerait pas la liberté, alors même que des «Musulmans » sont persécutés quotidiennement pour leur désir de libération ».

  On notera la qualification d’ « outrage à l’islam » (définition du blasphème), la reprise de la dangereuse bi-polarisation essentialiste « Occidentaux » contre « Musulmans » (avec des majuscules), la négation de l’existence d’un « monde libre » (référence à la liberté d’expression). Une parfaite illustration du système de non-pensée dans lequel l’islamisme veut emprisonner les esprits : le Bien et le Mal, le Vrai et le Faux, et l’Islam contre le reste du monde. Dans l’actualité quotidienne comme dans ce texte censé dénoncer cette caricature, l'islam apparaît (la faute à qui ?) comme la religion binaire par excellence où la pratique de la foi se limite à la connaissance du Bien et du Mal, du licite et de l'illicite.

La liste est atrocement longue des personnalités des lettres et des arts, et des « anonymes », tombés au champ d’honneur de la résistance à l’obscurantisme islamiste. Mais entre la défense des caricaturistes danois et le lynchage médiatique de Robert Redeker, on constate qu’il y a quelque chose de pourri dans le domaine de plus en plus menacé de la libre-pensée. Quelque chose qui tend à donner force et raison au titre du brûlot de Redeker : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? » De plus en plus de non musulmans, d’athées ou d’anti-cléricaux deviennent aujourd’hui objets d’intimidations. Pis, de menaces sur leur vie.  L’objectif est évident : c’est l’autocensure. La soumission spontanée du monde libre « afin de les soumettre à la religion de la soumission»  (Voltaire et Mozart en savent désormais quelque chose). Pour avoir écrit, déclaré et maintenu que  « La religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré », Michel Houellebecq n’a échappé à la fatwa qu’en allant se défendre devant le tribunal. A la barre, d’ailleurs, il en rajoute :  "L'islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition". L'écrivain a par ailleurs souligné son mépris pour tous les monothéismes et insisté sur le fait qu’à ses yeux, les textes sacrés des monothéismes sont dès le départ des textes de haine et non des appels à l'amour, à la paix et à la tolérance. L’actualité de ces trente dernières années n’en finit pas de lui donner raison. Sur le plan purement littéraire, Michel Houellebecq voit dans la Bible des passages "très bons" et d'autres "nuls à chier", le Coran lui apparaît "globalement médiocre". Et c’est parfaitement son droit, littérairement parlant.

L'écrivain a indiqué qu'il estime effectivement que l'islam est une "religion stupide" mais que son mépris ne s'étend pas aux musulmans. Je soutiens personnellement que, contrairement à ce que pense le pape, il est imbécile de vouloir faire entendre raison à un croyant. Mais il est criminel de vouloir imposer sa foi à un athée, ou à un croyant d’une autre religion. Pour un athée, le sacré n’existe pas. L’incroyant se fiche du texte mais respecte les personnes. Contrairement à ces croyants fascisants qui adorent le texte et trucident les gens au nom de l’amour divin. On n’a encore jamais vu une armée d’athées assassinant des croyants d’une quelconque religion. Mais le contraire est légion, si l’on ose dire. Les religions sont donc bien des facteurs de divisions, de haine et d’intolérance. Sauf pour celles et ceux qui les gardent pour eux. Sans obéir ni au pape, ni aux ayatollahs, ni aux mollahs, ni aux fourvoyeurs de conscience.

Le dangereux Houellebecq a reçu l’absolution de la République laïque. La Procureure de la République Béatrice Angelelli a en effet estimé que ses provocations concernaient que l'islam et pas les musulmans. Elle a mis en garde contre le glissement sémantique opéré par l'accusation. A quoi elle a ajouté que si Michel Houellebecq est effectivement un provocateur, il n'en appelle pas pour autant à la haine. La relaxe a été prononcée le 22 octobre 2002 et constitue une grande victoire pour la laïcité et la liberté d'expression. Le tribunal de Paris a jugé que ses propos très critiques à l'égard de l'islam ne constituaient pas une insulte envers les musulmans, un groupe de croyants n'étant pas assimilable à la religion à laquelle ils croient.

“L’appel au meurtre contre Rushdie a ouvert une jurisprudence par laquelle il est devenu loisible à n’importe quel imam spontané de prononcer une sentence de mort à l’encontre de n’importe quel intellectuel supposé musulman renégat, n’importe où dans le monde ”, faisait remarquer, à juste titre, le Fethi Benslama de l’hiver dernier.  Or, ces derniers mois, le champ de l’anathème s’élargit.  Non seulement les contestataires d’ « origine musulmane » voient se resserrer autour d’eux la condamnation pour apostasie ou blasphème. Mais encore il est interdit aux non musulmans de parler de l’islam, de ses pompes et de ses oeuvres. L’entrée des mosquées est bien interdite aux infidèles ? Eh bien désormais, l’accès au discours sur l’islam ou le Coran devient la propriété exclusive des « musulmans » labellisés, ou prétendus tels. On assiste en effet à l’exigence d’un brevet de légitimité. Il faut désormais être estampillé « de culture musulmane » pour être autorisé à critiquer, déblatérer, caricaturer, provoquer, le Coran et son Prophète. Houellebecq a osé passer outre et il a fait triompher la liberté d’expression. Mais depuis, la situation s’est bien dégradée. Plus grave encore : la fatwa est devenue un véritable contrat maffieux qui s’applique désormais à tout non musulman !

Le nouveau millénaire marque un tournant dans la fascisation de l’islamisme mondialisé. Cela ressemble beaucoup à la théorie de l’ « espace vital », de sinistre mémoire. Comme si l’islam se refusait à admettre sa situation de religion à la fois bousculée par le monde contemporain, et de plus en plus minoritaire. Car les preuves de volonté hégémonique s’accumulent. En 2 000, un groupe de terroristes islamistes assassine 2000 chrétiens qui protestaient contre l’application de la charia dans la ville de Kaduna au Nigéria. La même année, l'évêque des Moluques (Indonésie) dénonce le groupe terroriste indonésien Laskar Jihad pour son rôle dans les massacres et conversions forcées dans l'archipel, notamment dans l'île de Keswui. Une chrétienne des Moluques, Christina Sagat, est contrainte à la conversion et excisée de force. En Iran, en 2003, la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi est torturée et assassinée en prison, en raison de ses activités professionnelles.

En Europe, le 2 novembre 2004, le cinéaste néerlandais Theo Van Gogh est égorgé, à Amsterdam, par un islamiste marocain. Puni pour avoir réalisé un film, ‘‘Submission’’, où il montrait le dos d’une femme tatoué de versets du Coran pour dénoncer la soumission des femmes dans l’islam. Dans la France de 1994 déjà, le mannequin Claudia Schiffer avait scandalisé les organisations islamistes en défilant avec une robe imprimée de fragments de versets coraniques. La robe fut brûlée par la maison Chanel, ses photos censurées. Théo Van Gogh, lui, voulait dénoncer le danger que constitue l’islam radical pour l’Europe moderne et démocrate. Son assassin a déposé sur le cadavre une liste de personnes « condamnées », notamment la scénariste du film, Ayaan Hirsi Ali, députée hollandaise d’origine somalienne, aujourd’hui réfugiée aux Etats-Unis.

Laissons donc au Fethi Benslama de février 2006 les mots de la fin : « Dans les périodes les plus sombres de leur histoire, quand le colonialisme faisait régner son ordre de mépris et de négation des droits les plus élémentaires, les musulmans n’ont jamais considéré que leur Dieu était « humiliable », ni que les figures idéales de leur culture pouvaient être facilement diffamées : leur lutte pour leur dignité faisait simplement appel à légalité des droits, et non à la fabrique de la vengeance aveugle de l’«humiliation » - une notion inventée en Europe, qui appartient au lexique ecclésiastique de l’abaissement, de la honte, de la mortification, bref, à l’imaginaire de l’orgueil. Quand on tue des civils en masse, quand on égorge des hommes devant la télévision au nom de l’islam, n’est-ce pas là l’atteinte la plus grave contre laquelle les musulmans devraient protester ? Combien l’ont-ils fait ? » Tout est dit. Les écrits sont aussi têtus que les moutons. C’est sans doute cruel. Mais c’est la loi du genre. Encore faut-il maintenant, poser enfin les bonnes questions. Et tenter, ensemble, d’y répondre.

 
Hélène Michelini

 

 

Par Tous ensemble
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Samedi 11 novembre 2006

 Une Rencontre Internationale contre le racisme et l'intégrisme, pour la laïcité, pour les libertés de conscience et d'expression, pour l'égalité des droits hommes-femmes va se tenir à Paris les 10 et 11 février prochains. Un comité d'initiative se met en place,  qui se veut aussi large que possible, avec des participants de plusieurs pays et la coopération de divers mouvements et personnalités. Un APPEL est en préparation et sera soumis incessamment . D'ores et déjà nous demandons à tous ceux qui sont intéressés de nous le faire savoir sans attendre.

 Association AlgériEnsemble - Tousensemble@9online.

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 Un correspondant nous fait parvenir une texte intéressant que nous diffusons, ci-dessous, comme une simple contribution

                                    La Science est la richesse dont nous avons besoin*

 « La laïcité et les pays laïcs et de science sont la solution pour les problèmes psychologiques des arabes, bien avant les problèmes économiques et culturels. Et la science est la richesse dont nous avons besoin; et la voie scientifique est le moyen qui définit cette route. »


D. Fadel Al Khatib

 

 Voici la traduction " mot à mot" d’un article rédigé, en arabe par un intellectuel arabe à Budapest…  Traduire un article arabe, fût-il rédigé par un docteur, tel le signataire de ce texte, n’est pas une entreprise aisée, tellement la phraséologie arabe est pompeuse, redondante, digressive; ce qui est compliqué par l’absence de ponctuation… 

 Une autre difficulté est l’absence de l’unité du sujet: le rédacteur parle d’abord de l’Histoire et termine par une défense de la laïcité. J’ai donc traduit ses propos mot à mot, en essayant d’exprimer au mieux sa pensée. Que je partage personnellement.
                                                                                                   Atanane http://www.20six.fr/atanane
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" Pourquoi, ô Arabes, nous apparentons tous les grands et tous les dirigeants, les nobles des pays que nous avons conquis et arabisés, à la nation arabe, l’unique, l’éternelle et nous nions leur identité ethnique? Pourquoi refusons-nous d’admettre toutes nos défaites dans l’Histoire ancienne et moderne et nous les rattachons, nous expliquons leurs causes au colonialisme ancien ou moderne, à l’impérialisme, au sionisme, etc.? !

Pourquoi ô Arabes, nous occupons, nous combattons nos propres identités et celles des autres? Est- ce dû à l’absence d’une identité nationale ou raciale chez nous? Est- ce dû à l’esprit de conquête et de domination dont nous avons hérité? Quel mal y a-t-il à reconnaître les spécificités de chacun? Qu' il soit prestigieux ou anonyme, avec son identité propre et sa nationalité? Pourquoi ne sommes nous pas sincères avec notre Histoire et avec nous-mêmes?

Nous lisons dans le dictionnaire de langue et des noms propres- 22 ème édition- ce qui suit: " Ibn Rochd ( Abu Al Walid Mohammad Ibn Ahmad, 1126/ 1198 ): Philosophe arabe né à Cordoue, mort à Marrakech, etc..."

 Quelle différence entre les conquêtes intellectuelles et civilisationnelles des autres pays au temps de gloire des Arabes, si l' identité arabe et le fait d' appartenir à cette identité était minoré et faible? Pourquoi refusons-nous de reconnaître aux autres l’appartenance à leurs propres identités? Pourquoi nous imposons aux autres identités non arabes Al Ghazali, et Ibn Taymiya, et Ben Laden, et ... Et nous leur dénions Ibn Rochd, Ibn Tofayl, et les dizaines d’autres penseurs qui sont le fruit de leurs peuples et de leurs identités? Nous leur imposons Al Ghazali qui dit dans son livre" L’égarement des Philosophes" : " S’occuper des sciences naturelles est un péché " et nous dénions aux Imazighens et à nous mêmes ce qu' a dit Ibn Rochd»: Dieu ne nous donne pas la raison et des lois qui lui sont opposées." Ceci est notre résultat et cela est le leur!!!

Le peuple amazigh dont les racines s’étendent à des milliers d’années a donné trois dynasties pharaoniques et a donné Ibn Rochd, Ibn Khaldoun, ainsi que le grand romancier libyen de réputation universelle Ibrahim Âouni, et parmi eux également Mohamed Choukri et l’Algérienne Assia Djebbar et des milliers de grands qui ont apporté à leur peuple et à l’humanité beaucoup.
Ce peuple mérite le respect, ce peuple mérite de prendre ses droits identitaires légitimes. La poétesse amazighe Malika Mezzan dit: " Que la nationalité arabe aille en enfer si elle doit finir par éradiquer les peuples qu’elle a dominés et auxquelles elle a imposé sa présence et sa culture..."

Je salue la poétesse courageuse qui écrit en langue arabe, la langue de tes oppresseurs et des oppresseurs de ton peuple. Je salue Malika Mezzan pour sa révolte parfois et je respecte son attachement à son amazighité originelle; et je répète avec elle: qu’elle aille en Enfer n’importe quelle force, qu’elle soit nationaliste ou religieuse si sa finalité est d’éradiquer et de marginaliser les autres!
Il est de votre droit de défendre les droits de vos peuples opprimés et menacés d’extinction et de disparition; et il est de notre devoir de soutenir ce combat légitime de tous les peuples persécutés qu’ils soient amazighes, Kurdes, Syriaques, Chaldéens, Sabéens...

Comme c’est étrange que nous demandions à ceux que nous avions dominés et conquis leurs pays sous n’importe quel prétexte de disparaître au lieu de nous adapter à eux. Combien de justifications faudra t il aux générations arabes futures comme excuses pour notre Histoire et nos erreurs, nos conquêtes, si la condition des conquérants d’hier est encore la même que celle des dominateurs d’aujourd’hui? L’écrivain Haydar Haydar a donné cette image dans son livre " Le festin des herbes de la mer" la plus belle des images quand il dit:" La terre plate absorbe son eau et celle des autres terres."

Est- ce que nous nous désaltérons, ô Arabes? Nous sommes fiers de notre Histoire lorsque à l’époque de Uthman une courtisane fut vendue selon son pesant en or. Une courtisane ravie de son pays conquis ou volée aux marchands d’esclaves. Et il y a un acheteur qui jusqu’à la veille tuait les autres pour se procurer des vêtements ou quelques dattes et du lait. Et cet acheteur est devenu si riche qu’il est capable de commettre un acte si bas et méprisable qui le pousse à acheter une courtisane à son pesant d’or!

Mon Dieu qu’est-il donc arrivé aux gens des pays conquis et aux musulmans qui ne sont pas des " seigneurs" arabes, appelés des assujettis ( mawalis), sans parler de ceux qu’on appelle des " dhîmmis"!
La misère des peuples et des nationalités non arabes et qui vivent sur la terre de leurs ancêtres historique, bien avant l’arrivée des "conquêtes arabes" et que nous avons appelés comme nous le voulions, tout cela reste des invasions et du colonialisme. Ces peuples qui sont devenus des "minorités" resteront sans droits tant que n’est pas réalisé l’Etat de droit et de démocratie, tant que ces pays ne fonctionnent pas sous un régime laïque, le sentier qui libère chaque individu et chaque peuple de sa servitude et sa domination qu’elle soit ethnique, nationaliste ou religieuse! La laïcité est la solution non seulement aux enfants des peuples arabes pour se libérer du sous développement intellectuel, spirituel et économique, mais c’est aussi la solution et le salut pour les autres ethnies et autres peuples qui vivent sur cette terre.

La laïcité est l’alternative contre les agressions, qu’elles soient visibles ou non, d'une ethnie sur telle autre et je ne crois pas qu’il existe de haine entre les communautés! La laïcité qui va unir la société dans les faits sur la base du Droit et de la liberté politique, raciale, religieuse ou non religieuse; car l’appartenance commune sera sur la base de la nation commune; dans les pays qui ont adopté la laïcité dans la direction des affaires de l’Etat les droits de toutes les ethnies sont égaux, quelle que soit leur importance numérique.

La diversité ethnique, confessionnelle, intellectuelle ou spirituelle est une richesse pour cette société et une richesse pour cet Etat.
Et nous voyons aujourd'hui que dans tous les pays développés la diversité ethnique est un avantage de richesse et de prospérité pour ces sociétés.
Comment se fait-il que dans tous les pays occidentaux où vivent des arabes, qu' ils soient quelques milliers ou des millions, il est possible d' enseigner et d' apprendre la langue arabe, alors que dans les pays arabes il est interdit aux non arabes, les vrais habitants historiques de ces pays, d' apprendre et d' enseigner dans leur langue maternelle!

La laïcité et les pays laïcs et de science sont la solution pour les problèmes psychologiques des arabes, bien avant les problèmes économiques et culturels. Et la science est la richesse dont nous avons besoin; et la voie scientifique est le moyen qui définit cette route.

 La répression de la culture comme c’est le cas en Syrie est d’un prix très élevé non seulement pour le régime mais aussi pour le pays, pour la nation, pour le peuple et son avenir.

 Et même si nous savons que l’obtention de la science coûte cher, le prix de ce que coûte l’ignorance est encore plus élevé!

 Budapest 27 juin 2006

 D. Fadel Al Khatib
Source: Le Dialogue civilisé, www.rezgar.com, n° 1607? 10/ 7/ 2006

 *Le titre et le condensé de la note du traducteur sont de la rédaction de Raisonances.

 

 

 

 

 

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Un député contre les discriminations racistes

Dans un communiqué de presse du 19 septembre dernier, Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres, député de l’Essonne et président de Debout la République, s’insurge violemment contre les pratiques communautaristes de l’UMP de Nicolas Sarkozy :

 
"Je viens de recevoir une lettre stupéfiante d’Yves Jego, collègue de Seine et Marne, Secrétaire National de l’UMP en charge des nouvelles adhésions, me conviant à une réunion des élus UMP “issus des minorités visibles”. Pire, il me demande de transmettre cette invitation aux membres de mon conseil municipal qui en feraient partie ! Qu’est-ce qu’une minorité visible? Les porteurs de lunettes rouges ? Les amateurs de kilt écossais ? Ceux qui raffolent des perruques ? Plus sérieusement, il s’agit des personnes de couleur ! En un mot, derrière cette expression d’une immense hypocrisie, l’UMP me demande s’il y a un “Black” ou un “Beur” dans mon conseil municipal. C’est le retour de l’apartheid, sous couvert d’une charité condescendante et d’arrière-pensées électoralistes. Quelle insulte pour les Français de toutes origines ! Je n’ose même pas transmettre cette lettre au conseiller municipal d’origine antillaise qui siège dans mon conseil, il serait, j’en suis sûr blessé dans sa chair de Français. Cette discrimination "positive" est dégradante et porte atteinte à la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen comme à la devise de notre République, “Liberté-Egalité-Fraternité”.

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