L'INTEGRISME
n. m. XXe siècle. Dérivé d'intégriste ou emprunté de l'espagnol integrismo.Au sein d'une religion, attitude qui consiste à refuser, au nom de l'intégrité de la doctrine, toute interprétation nouvelle, toute évolution des pratiques traditionnelles, tout changement. L'intégrisme se mue facilement en fanatisme. Par anal. Intégrisme politique.

LE FANATISME
n. m. XVIIe siècle. Dérivé de fanatique. 1. Vieilli. Disposition d'esprit, comportement d'une personne qui se croit inspirée par la divinité. 2. Zèle outré et intolérant pour une religion, une croyance. Le fanatisme d'un inquisiteur. Par méton. Le fanatisme des guerres de Religion. 3. Attachement exclusif et intraitable à une doctrine, à un parti, à une opinion. Les fanatismes de tous bords.

Mardi 2 janvier 2007
par Tous ensemble publié dans : Tribune libre
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 20 novembre 2006

Restez couvert, Monsieur le Ministre !
Par Ahmed HALLI
halliahmed@hotmail.com

Farouk Hosni est depuis près de vingt ans l'inamovible ministre de la Culture de l'Egypte. Quoique servant de paravent bon chic bon genre à un régime autoritaire et répressif, Farouk Hosni est (était) un ami des arts et des lettres respecté. C'est un peu grâce à lui que les créateurs égyptiens les plus hardis ont pu s'exprimer, aussi bien en littérature qu'au cinéma. Homme de culture reconnu aussi bien dans son pays qu'à l'étranger, Farouk Hosni est sans doute le seul ministre de Moubarak à avoir échappé au désastre collectif.

Pourtant, en septembre 2005, il a failli être emporté par les retombées de l'incendie d'un théâtre à Beni-Souif. Le théâtre de la ville avait accidentellement brûlé, lors d'une représentation. Une quarantaine de personnes, parmi lesquelles des comédiens et des critiques, avaient trouvé la mort dans l'incendie. Après le drame qui avait soulevé un grand émoi dans le pays, la responsabilité de Farouk Hosni avait été mise en cause. Des intellectuels progressistes comme l'écrivain Djamal Ghitani avaient dénoncé sa gestion et demandé qu'il soit démis de ses fonctions. Il avait alors préféré démissionner plutôt que de continuer à subir des attaques injustifiées à cause d'un accident imprévisible. Moubarak avait cependant refusé de se séparer de sa caution intellectuelle et Farouk Hosni avait été maintenu à son poste.

 Cette fois-ci les choses risquent de tourner autrement. Farouk Hosni s'est attaqué la semaine dernière à un morceau de tissu érigé en totem, le hidjab. Dans une déclaration au quotidien Al-Masri Al-Youmdu jeudi 16 novembre, Farouk Hosni a osé ce qu’aucun ministre du Machrek ou du Maghreb n'a pu seulement imaginer. Il s'est attaqué au sacro-saint hidjab affirmant qu'il représentait "un retour en arrière, une régression". "On ne doit pas cacher une chevelure de femme belle comme une rose, a-t-il dit avant de noter que "la religion, aujourd'hui, est réduite aux signes extérieurs alors que la relation de foi entre Dieu et sa créature n'a rien à voir avec l'habit". "La pudeur de la femme est une question de conviction interne, elle ne réside pas dans son apparence extérieure, a ajouté Farouk Hosni.

Il faut que l'Egypte redevienne belle comme elle l'était et qu'elle cesse d'imiter les Arabes qui considéraient, à une certaine époque, l'Egypte comme une partie de l'Europe". Et d'ajouter : "Nous avons vécu avec nos mères qui nous ont élevés et éduqués tout en allant à l'université ou au travail sans hidjab. Pourquoi revenons-nous aujourd'hui en arrière? Des crimes se commettent aujourd'hui au nom du hidjab et du niqab. Le monde va de l'avant et nous ne progresserons pas tant que nous continuerons à penser de façon rétrograde et à aller écouter des fetwas de cheikhs à "trois millimes". Nous avons même perdu ces voix mélodieuses qui appelaient à la prière dans les mosquées. Nous entendons aujourd'hui des voix qui sont parmi les plus horribles qui soient". Farouk Hosni a, d'autre part, rappelé que lors de sa visite récente au Qatar et à Bahreïn, il a pu noter que les Etats arabes faisaient des progrès en matière d'organisation, de propreté. "Même les femmes commencent à découvrir leurs visages, alors que nous revenons en arrière et que nous les dissimulons. Un Etat comme Singapour commence à rivaliser avec la Chine et avec l'Inde. Cet Etat n'a pourtant que cent ans d'existence. Pendant ce temps, nous restons sur place bien que nous ayons une civilisation qui remonte à cinq mille ans".

Farouk Hosni a, enfin, enfoncé le clou en affirmant que le ministère de la Culture et ses représentants devaient être le rempart principal contre la propagation de ces idées. Immédiatement, les "trompettes de Jéricho" de l'establishment islamiste ont résonné sous les murs du ministère de la Culture. La meute, emmenée par la chaîne qatarie Al-Jazira s'est déchaînée contre Farouk Hosni. La télévision satellitaire a interrogé les "bons" clients de la rue égyptienne, huit hommes et une femme en hidjab, l'égalité parfaite. Tous ont chanté la vertu irremplaçable du hidjab. Dans toute la ville du Caire, les caméras de la chaîne n'ont pas trouvé un seul "échantillon" populaire pour soutenir Farouk Hosni.

 Des voix se sont fait entendre au Parlement et chez les Frères musulmans pour dénoncer cette atteinte intolérable au dogme proclamé. L'un des porte-voix de la mouvance islamiste a déclaré que le ministre de la Culture devait démissionner puisqu'il s'oppose au voile que portent la majorité des Egyptiennes. Jusqu'ici, Farouk Hosni n'a pas exprimé son intention de démissionner mais s'est dit prêt à se soumettre à un vote de confiance du Parlement. Devant la virulence des réactions, il a cependant tempéré ses propos en précisant qu'il respectait les femmes voilées. Il a donné pour preuve le fait que de nombreuses femmes en hidjab étaient employées dans son ministère et étaient traitées sur un pied d'égalité avec les autres. Celui qui risque d'être d'un moment à l'autre, un ex-ministre de la Culture a fait un nouveau pas en arrière. Il n'a fait qu'exprimer son opinion personnelle et il n'a pas fait de commentaire sur le caractère religieux ou non du hidjab.

Cette fois-ci Farouk Hosni n'affronte pas une mobilisation d'intellectuels indignés par l'incendie meurtrier d'un théâtre. Il a affaire à une oligarchie qui resserre sa mainmise sur la société et n'entend pas rouvrir des portes scellées à jamais.

Toutefois, les partisans de Farouk Hosni persistent et signent. Les propos de Hosni sur le voile "sont une preuve de courage", affirme l'écrivaine Iqbal Baraka, farouche opposante au hidjab. "Il a le droit d'exprimer son opinion et nul n'a le droit de l'attaquer pour cette raison, dit-elle. Le hidjab est un retour à l'obscurantisme et un signe d'arriération intellectuelle", a-t-elle ajouté. De son côté, l'écrivain Youssef Al-Qa'id exprime la même opinion et se dit en plein accord avec les propose du ministre égyptien de la Culture. "Le hidjab est une graine plantée par le défunt président Anouar Sadate dans les années soixante-dix du siècle dernier, selon Al-Qa'id. Le danger n'est pas dans le bout de tissu qu'est le hidjab mais dans le voile mental que s'imposent certaines femmes aujourd'hui. Le hidjab est sur le point de diviser la société en deux de sorte que la femme qui ne le porte pas est considérée comme chrétienne jusqu'à preuve du contraire. Et Youssef Al-Qa'id de citer en exemple le cas de sa propre fille qui ne porte pas le voile et qui est souvent en butte à des questions sur sa religion. "Les canons de l'Islam sont au nombre de cinq et le hidjab n'y figure pas. Il a été imposé aux épouses du Prophète et aux croyantes afin que les mécréants ne les reconnaissent pas", souligne encore l'écrivain.

Même ton chez Oussama Anour Okacha : "L'Egypte vivait depuis la conquête musulmane un Islam modéré et tolérant jusqu'à ce qu'à son invasion par les mouvances "djihadistes" et leurs tentatives de "wahhabiser" la culture égyptienne et d'en effacer les repères." Pour sa part, le penseur Djamal Al- Bana se dit étonné par l'agitation créée autour des déclarations de farouk Hosni. Il critique vertement ceux qui défendent le hidjab les accusant de vouloir "emprisonner l'Islam dans le hidjab et de confiner la religion dans un mètre carré de tissu".

C'est sans doute à cause de ce mètre carré de tissu que l'Egypte risque de perdre un bon ministre de la Culture. S'il réussit à s'en sortir, Farouk Hosni devra réapprendre les règles de longévité dans un gouvernement arabe d'aujourd'hui. Pour durer, un ministre doit sortir couvert, c'est-à-dire arborer la calotte du bon pratiquant et porter le bâillon invisible qui va avec.

Ahmed Halli - Le Soir d’Algérie – 20.11.06

 

par Tous ensemble publié dans : Tribune libre
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 19 novembre 2006

Par Mohamed Sifaoui.

 

Je suis mal à l’aise à chaque fois que je dois mettre en avant mes croyances personnelles. Mais le contexte national et international illustré, entre autres, par la désormais « affaire Redeker » me pousse à m’exprimer aussi en tant que musulman et croyant. Le citoyen que je suis a depuis longtemps fait savoir sa position à l’égard de l’intégrisme. En tant que journaliste et écrivain j’ai également fait connaître mon opinion à travers divers travaux.

Mais qu’en pense le musulman que je continue d’être ? La question mérite d’être posée.

Je peux être en total désaccord avec Robert Redeker – et ce n’est pas le cas – et le soutenir. C’est d’abord pour moi une position de principe. Mais au-delà, il y a une autre raison, de fond celle-ci, qui me conforte dans le fait qu’il est impératif, vital, et peut-être surtout pour un musulman, de soutenir Robert Redeker.

Dans son article publié par Le Figaro, le philosophe pose une question fondamentale : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? ». Fondamentale cette question l’est parce que les sociétés, musulmanes ou occidentales, rejetant l’islamisme ainsi que les dirigeants des pays musulmans ou ceux des pays démocratiques ne savent toujours pas quelle attitude adopter face à ce fascisme, qu’est l’islamisme. Force est de constater, en effet, que lorsqu’ils ne sont pas pétrifiés par le phénomène, les dirigeants européens notamment, mais aussi certains « intellectuels », s’accommodent assez facilement de l’intégrisme musulman. Pour peu qu’il soit jugé, par eux, comme « modéré », il n’y a plus alors aucun problème. Pour peu que leur interlocuteur taille sa barbe, laisse tomber la djellaba pour le costard cravate et prétend honnir Ben Laden, cela suffit à certains pour adouber et cautionner les pourfendeurs des principes laïcs.

Lorsqu’un islamiste « modéré » exige d’un maire l’aménagement de plages horaires pour les femmes, il sape les fondements même de la République. Et lorsque le maire accède à sa demande il se rend forcément complice d’un acte ignoble contre la laïcité : faire passer la « loi de Dieu » avant celle des hommes. Lorsqu’un responsable politique soutient une attaque en justice contre la liberté d’expression – comme cela a été le cas lors de l’affaire des caricatures – il se rend complice d’un travail de sape visant un principe fondamental d’une démocratie : la liberté de la presse et le droit – oui le droit – de critiquer les religions et les dogmes, toutes les religions et tous les dogmes.

Ainsi, de ce point de vue, Robert Redeker avait raison de poser sa question à l’opinion publique.

Mais on nous dira qu’il n’avait pas à « insulter » le Prophète. Ou est l’insulte contre Mahomet ? Critiquer, quand bien même d’une manière erronée voire injuste, un Prophète ou bien tuer au nom de ce même Prophète ? Ou est l’insulte contre le Coran ? Dire que le Livre sacré des musulmans est d’une « inouïe violence » ou tuer, lapider et excommunier au nom de ce même Livre pour le rendre d’une inouïe violence. Ou est l’insulte contre l’islam ? Dire   que le Pèlerinage à la Mecque met « en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie », ou faire de la Mecque la base de lancement de cette idéologie fasciste qu’est le salafisme. Ou est l’insulte contre les musulmans ? Leur ouvrir le débat qu’ils n’osent pas aborder eux-mêmes, ou constater la barbarie et la sauvagerie qui s’abat sur le monde devant le silence assourdissant des « dignitaires musulmans ». Ou est l’insulte ? Une tribune d’un professeur de philosophie ou les menaces de mort qui ne cessent de s’abattre sur lui mais aussi sur tout ceux qui osent aujourd’hui parler de l’islam, condamner l’islamisme et dénoncer le terrorisme ?

J’aimerais bien que les musulmans, notamment les religieux, qu’ils soient de la Mosquée de Paris ou de l’UOIF, qu’il soient en djellaba ou en costard cravate, j’aimerais bien qu’ils me donnent une explication claire, cohérente et logique qui me permettrait de dormir en paix et de comprendre leur silence au lendemain des attentats de Londres, Madrid, New York, Charm Echeïkh, Istanbul, Alger, Casablanca, Bali, Djerba et j’en passe. Pourquoi sont-ils si silencieux lorsque des « illuminés », nous dit-on, menacent Redeker et si prompts à poursuivre en justice Charlie Hebdo pour un simple coup de crayon ? Pourquoi organisent-ils, ou laissent-ils s’organiser, des manifestations pour le voile et devenir subitement boiteux lorsqu’il s’agit de manifester contre la barbarie terroriste qui s’applique au nom de l’islam donc en leur nom aussi ? Il est temps de rompre avec les thèses bien-pensantes. Les « musulmans modérés » ou plutôt les musulmans laïcs existent. Mais ils n’existent vraiment que lorsqu’ils exprimeront leur condamnation claire et limpide à l’égard de l’intégrisme qui tue, menace, lapide, harcèle, intimide, viole, pille, violente tout en préférant l’obscurantisme à la lumière, l’archaïsme à la modernité et la mort à la vie.  

Si je devais faire un reproche à Robert Redeker, il n’y en aurait qu’un et il n’y en a qu’un, je pense que le philosophe n’a pas le droit de se cacher, n’a pas le droit de délaisser son travail et n’a pas le droit d’avoir peur. Robert Redeker est dans son droit, ce n’est pas à lui de se cacher, c’est aux criminels islamistes. Robert Redeker n’a pas à avoir peur, ce sont les tueurs fanatiques qui devraient comprendre, une fois pour toute, que les femmes et les hommes libres, les musulmans laïcs et tout ceux qui restent attachés aux principes démocratiques et républicains ne comptent pas céder devant leurs lâches intimidations. Des Redeker, il y en a et il y en aura partout. Il y en a en Algérie, il y en a au Maroc mais aussi en France, au Danemark, en Grande-Bretagne, au Pakistan ou en Égypte. Et la résistance à l’obscurantisme ne doit pas cesser. Elle ne cessera d’ailleurs pas. A ce propos, le ministre égyptien de la culture vient d’annoncer que « le port du voile est une régression », ceci au moment où deux députés français comptent proposer des « lois contre le blasphème ». Quel paradoxe, sacré bon Dieu !  
par Tous ensemble publié dans : Tribune libre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 11 novembre 2006

 Une Rencontre Internationale contre le racisme et l'intégrisme, pour la laïcité, pour les libertés de conscience et d'expression, pour l'égalité des droits hommes-femmes va se tenir à Paris les 10 et 11 février prochains. Un comité d'initiative se met en place,  qui se veut aussi large que possible, avec des participants de plusieurs pays et la coopération de divers mouvements et personnalités. Un APPEL est en préparation et sera soumis incessamment . D'ores et déjà nous demandons à tous ceux qui sont intéressés de nous le faire savoir sans attendre.

 Association AlgériEnsemble - Tousensemble@9online.

 _________________________________________________________________

 Un correspondant nous fait parvenir une texte intéressant que nous diffusons, ci-dessous, comme une simple contribution

                                    La Science est la richesse dont nous avons besoin*

 « La laïcité et les pays laïcs et de science sont la solution pour les problèmes psychologiques des arabes, bien avant les problèmes économiques et culturels. Et la science est la richesse dont nous avons besoin; et la voie scientifique est le moyen qui définit cette route. »


D. Fadel Al Khatib

 

 Voici la traduction " mot à mot" d’un article rédigé, en arabe par un intellectuel arabe à Budapest…  Traduire un article arabe, fût-il rédigé par un docteur, tel le signataire de ce texte, n’est pas une entreprise aisée, tellement la phraséologie arabe est pompeuse, redondante, digressive; ce qui est compliqué par l’absence de ponctuation… 

 Une autre difficulté est l’absence de l’unité du sujet: le rédacteur parle d’abord de l’Histoire et termine par une défense de la laïcité. J’ai donc traduit ses propos mot à mot, en essayant d’exprimer au mieux sa pensée. Que je partage personnellement.
                                                                                                   Atanane http://www.20six.fr/atanane
__________________________________________________ __________________

" Pourquoi, ô Arabes, nous apparentons tous les grands et tous les dirigeants, les nobles des pays que nous avons conquis et arabisés, à la nation arabe, l’unique, l’éternelle et nous nions leur identité ethnique? Pourquoi refusons-nous d’admettre toutes nos défaites dans l’Histoire ancienne et moderne et nous les rattachons, nous expliquons leurs causes au colonialisme ancien ou moderne, à l’impérialisme, au sionisme, etc.? !

Pourquoi ô Arabes, nous occupons, nous combattons nos propres identités et celles des autres? Est- ce dû à l’absence d’une identité nationale ou raciale chez nous? Est- ce dû à l’esprit de conquête et de domination dont nous avons hérité? Quel mal y a-t-il à reconnaître les spécificités de chacun? Qu' il soit prestigieux ou anonyme, avec son identité propre et sa nationalité? Pourquoi ne sommes nous pas sincères avec notre Histoire et avec nous-mêmes?

Nous lisons dans le dictionnaire de langue et des noms propres- 22 ème édition- ce qui suit: " Ibn Rochd ( Abu Al Walid Mohammad Ibn Ahmad, 1126/ 1198 ): Philosophe arabe né à Cordoue, mort à Marrakech, etc..."

 Quelle différence entre les conquêtes intellectuelles et civilisationnelles des autres pays au temps de gloire des Arabes, si l' identité arabe et le fait d' appartenir à cette identité était minoré et faible? Pourquoi refusons-nous de reconnaître aux autres l’appartenance à leurs propres identités? Pourquoi nous imposons aux autres identités non arabes Al Ghazali, et Ibn Taymiya, et Ben Laden, et ... Et nous leur dénions Ibn Rochd, Ibn Tofayl, et les dizaines d’autres penseurs qui sont le fruit de leurs peuples et de leurs identités? Nous leur imposons Al Ghazali qui dit dans son livre" L’égarement des Philosophes" : " S’occuper des sciences naturelles est un péché " et nous dénions aux Imazighens et à nous mêmes ce qu' a dit Ibn Rochd»: Dieu ne nous donne pas la raison et des lois qui lui sont opposées." Ceci est notre résultat et cela est le leur!!!

Le peuple amazigh dont les racines s’étendent à des milliers d’années a donné trois dynasties pharaoniques et a donné Ibn Rochd, Ibn Khaldoun, ainsi que le grand romancier libyen de réputation universelle Ibrahim Âouni, et parmi eux également Mohamed Choukri et l’Algérienne Assia Djebbar et des milliers de grands qui ont apporté à leur peuple et à l’humanité beaucoup.
Ce peuple mérite le respect, ce peuple mérite de prendre ses droits identitaires légitimes. La poétesse amazighe Malika Mezzan dit: " Que la nationalité arabe aille en enfer si elle doit finir par éradiquer les peuples qu’elle a dominés et auxquelles elle a imposé sa présence et sa culture..."

Je salue la poétesse courageuse qui écrit en langue arabe, la langue de tes oppresseurs et des oppresseurs de ton peuple. Je salue Malika Mezzan pour sa révolte parfois et je respecte son attachement à son amazighité originelle; et je répète avec elle: qu’elle aille en Enfer n’importe quelle force, qu’elle soit nationaliste ou religieuse si sa finalité est d’éradiquer et de marginaliser les autres!
Il est de votre droit de défendre les droits de vos peuples opprimés et menacés d’extinction et de disparition; et il est de notre devoir de soutenir ce combat légitime de tous les peuples persécutés qu’ils soient amazighes, Kurdes, Syriaques, Chaldéens, Sabéens...

Comme c’est étrange que nous demandions à ceux que nous avions dominés et conquis leurs pays sous n’importe quel prétexte de disparaître au lieu de nous adapter à eux. Combien de justifications faudra t il aux générations arabes futures comme excuses pour notre Histoire et nos erreurs, nos conquêtes, si la condition des conquérants d’hier est encore la même que celle des dominateurs d’aujourd’hui? L’écrivain Haydar Haydar a donné cette image dans son livre " Le festin des herbes de la mer" la plus belle des images quand il dit:" La terre plate absorbe son eau et celle des autres terres."

Est- ce que nous nous désaltérons, ô Arabes? Nous sommes fiers de notre Histoire lorsque à l’époque de Uthman une courtisane fut vendue selon son pesant en or. Une courtisane ravie de son pays conquis ou volée aux marchands d’esclaves. Et il y a un acheteur qui jusqu’à la veille tuait les autres pour se procurer des vêtements ou quelques dattes et du lait. Et cet acheteur est devenu si riche qu’il est capable de commettre un acte si bas et méprisable qui le pousse à acheter une courtisane à son pesant d’or!

Mon Dieu qu’est-il donc arrivé aux gens des pays conquis et aux musulmans qui ne sont pas des " seigneurs" arabes, appelés des assujettis ( mawalis), sans parler de ceux qu’on appelle des " dhîmmis"!
La misère des peuples et des nationalités non arabes et qui vivent sur la terre de leurs ancêtres historique, bien avant l’arrivée des "conquêtes arabes" et que nous avons appelés comme nous le voulions, tout cela reste des invasions et du colonialisme. Ces peuples qui sont devenus des "minorités" resteront sans droits tant que n’est pas réalisé l’Etat de droit et de démocratie, tant que ces pays ne fonctionnent pas sous un régime laïque, le sentier qui libère chaque individu et chaque peuple de sa servitude et sa domination qu’elle soit ethnique, nationaliste ou religieuse! La laïcité est la solution non seulement aux enfants des peuples arabes pour se libérer du sous développement intellectuel, spirituel et économique, mais c’est aussi la solution et le salut pour les autres ethnies et autres peuples qui vivent sur cette terre.

La laïcité est l’alternative contre les agressions, qu’elles soient visibles ou non, d'une ethnie sur telle autre et je ne crois pas qu’il existe de haine entre les communautés! La laïcité qui va unir la société dans les faits sur la base du Droit et de la liberté politique, raciale, religieuse ou non religieuse; car l’appartenance commune sera sur la base de la nation commune; dans les pays qui ont adopté la laïcité dans la direction des affaires de l’Etat les droits de toutes les ethnies sont égaux, quelle que soit leur importance numérique.

La diversité ethnique, confessionnelle, intellectuelle ou spirituelle est une richesse pour cette société et une richesse pour cet Etat.
Et nous voyons aujourd'hui que dans tous les pays développés la diversité ethnique est un avantage de richesse et de prospérité pour ces sociétés.
Comment se fait-il que dans tous les pays occidentaux où vivent des arabes, qu' ils soient quelques milliers ou des millions, il est possible d' enseigner et d' apprendre la langue arabe, alors que dans les pays arabes il est interdit aux non arabes, les vrais habitants historiques de ces pays, d' apprendre et d' enseigner dans leur langue maternelle!

La laïcité et les pays laïcs et de science sont la solution pour les problèmes psychologiques des arabes, bien avant les problèmes économiques et culturels. Et la science est la richesse dont nous avons besoin; et la voie scientifique est le moyen qui définit cette route.

 La répression de la culture comme c’est le cas en Syrie est d’un prix très élevé non seulement pour le régime mais aussi pour le pays, pour la nation, pour le peuple et son avenir.

 Et même si nous savons que l’obtention de la science coûte cher, le prix de ce que coûte l’ignorance est encore plus élevé!

 Budapest 27 juin 2006

 D. Fadel Al Khatib
Source: Le Dialogue civilisé, www.rezgar.com, n° 1607? 10/ 7/ 2006

 *Le titre et le condensé de la note du traducteur sont de la rédaction de Raisonances.

 

 

 

 

 

par Tous ensemble publié dans : Tribune libre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 28 octobre 2006

Le mouton de l’Aïd court toujours

Imaginons, le jour de la fête de l’Aïd, la publication dans la presse française du dessin d’un mouton fuyant à toute vitesse, poursuivi par un homme brandissant un couteau. Dans la bulle, le mouton dit : « Mais pourquoi veulent-ils m’égorger ? Pourtant, je ne suis ni une femme ni un intellectuel ». Le Conseil français du culte musulman (CFCM), Mouloud Aounit, le ban et l’arrière-ban de l’islamisme hexagonal monteraient au créneau pour dénoncer l’ « incitation à la haine raciale » et traîner le caricaturiste devant les tribunaux. L’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) en profiterait pour réactiver, devant l‘ONU, son exigence d’un délit de blasphème. Mais rien de tout cela ne s’est produit. C’était en 1994, une caricature de Dilem publiée dans un quotidien algérien, en Algérie, au plus fort des années de sang qui martyrisèrent ce pays durant dix ans.

L’analyse de cette amusante caricature est faite douze ans plus tard. « La bête parle et fait de l’humour avec les affaires religieuses : c’est ignoble... Il y a plus grave encore : en courant plus vite que l’homme qui veut le trucider, il (le mouton) ridiculise ce paisible musulman sacrifiant et humilie l’ensemble de la communauté musulmane, sinon la totalité des milliards de musulmans morts et vivants. Mais le pire n’est-il pas que ce mouton fuyant de peur devant un musulman qui veut le manger est de toute évidence islamophobe ! » commente Fethi Benslama, le 24 février 2006, lors d’un meeting organisé à la Cartoucherie de Vincennes pour dénoncer « la censure islamiste ».

Le 30 septembre 2005, le quotidien conservateur danois ‘‘Jyllands-Posten’’ avait publié douze caricatures du Prophète Mahomet. Quatre mois plus tard, le lobby international des Frères Musulmans -soutenus notamment par l’Egypte- ose des menaces de mort et, grâce à de faux dessins, déclenche des manifestations au Moyen-Orient, faisant des morts et des blessés… parmi les émeutiers musulmans. Les caricaturistes danois (non musulmans) deviennent officiellement des cibles potentielles pour les intégristes. « Une nouvelle machine a été depuis inventée, celle du « musulman humilié » : une machine infernale, puisque alimentée par une réalité certaine de mépris et des droits bafoués ici et là, tendant à justifier et à armer le mythe identitaire qui veut, au nom du sacré, poursuivre l’éradication de tout écart à la communauté des croyants, et légaliser, par les descendants de la révolution des libertés, l’empêchement de parler, d’écrire, de dessiner » analyse alors Fethi Benslama. Sept mois plus tard, il soutient exactement le contraire : le brûlot du philosophe Robert Redeker  vise à « produire la honte d’être  musulman ». Y aurait-il un Dr Fethi et un Mr Benslama ?  L’un, psychanalyste brillant, décortiquant l’hiver ce que l’autre, le « musulman humilié », profère l’été, comme dans une suggestion hypnotique ?     

Car le psychanalyste du 24 février 2006 n’hésite pas développer une critique hardie à propos de l’affaire des caricatures danoises : « Au nom de l’islam, tout est prétexte non seulement à interdire, à condamner, à excommunier, mais à éradiquer ce qui peut représenter l’« ironie de la communauté », la critique de son mythe (…) Car la censure au nom de l’islam tue, sacrifie, grille au feu de l’Enfer et dévore les insoumis, afin de les soumettre à la religion de la soumission » Et de citer l’écrivain Haydar Haydar, qui, en avril 2000, faisait proférer à l’un de ses personnages, dans son roman « Festin pour les algues marines » (publié à Chypre en 1993) : «Les lois des divinités bédouines, l’enseignement du Coran, c’est de la merde». Déclaré apostat, Haydar fit l’objet d’une condamnation à mort de la part  d ‘ « imam sporadique » ou d’ « un illettré coranique fatwatant » brillamment fustigés par ce même Benslama toujours en février dernier. Qui concluait d’ailleurs : « Après la condamnation pour une fiction de blasphème, à quand  le meurtre pour blasphème inconscient ? »

Eh bien le 19 septembre 2006, la réponse est tombée, déclenchée comme une bombe par un pamphlet virulent paru dans les colonnes du Figaro et intitulé : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? ». On attend maintenant une mise en pratique de l’exergue du Manifeste des Libertés, «  De même que l’Europe n’est pas la seule affaire des Européens, l’islam n’est pas la chose exclusive des musulmans ». L’idée commence à faire son chemin que les textes dits sacrés appartiennent au patrimoine littéraire de l’humanité. Et qu’en conséquence, il est loisible à tout un chacun de les traiter comme des objets littéraires. Qu’on peut détester ou aimer. Céline, qui haïssait les juifs, écrivit des horreurs antisémites. Aucun fanatique juif ne l’a condamné à mort pour autant.

Mais le 25 octobre 2006, à propos de l’affaire Redeker, Fethi Benslama souligne « Adhérer à la défense sans réserves (de Redeker),  c’est (…) faire apparaître un bloc d’« Occidentaux » outrageant  l’islam, contre un bloc de « Musulmans » le défendant, « un  monde libre » (expression de l’une des pétitions) contre un  monde qui ne désirerait pas la liberté, alors même que des «Musulmans » sont persécutés quotidiennement pour leur désir de libération ».

  On notera la qualification d’ « outrage à l’islam » (définition du blasphème), la reprise de la dangereuse bi-polarisation essentialiste « Occidentaux » contre « Musulmans » (avec des majuscules), la négation de l’existence d’un « monde libre » (référence à la liberté d’expression). Une parfaite illustration du système de non-pensée dans lequel l’islamisme veut emprisonner les esprits : le Bien et le Mal, le Vrai et le Faux, et l’Islam contre le reste du monde. Dans l’actualité quotidienne comme dans ce texte censé dénoncer cette caricature, l'islam apparaît (la faute à qui ?) comme la religion binaire par excellence où la pratique de la foi se limite à la connaissance du Bien et du Mal, du licite et de l'illicite.

La liste est atrocement longue des personnalités des lettres et des arts, et des « anonymes », tombés au champ d’honneur de la résistance à l’obscurantisme islamiste. Mais entre la défense des caricaturistes danois et le lynchage médiatique de Robert Redeker, on constate qu’il y a quelque chose de pourri dans le domaine de plus en plus menacé de la libre-pensée. Quelque chose qui tend à donner force et raison au titre du brûlot de Redeker : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? » De plus en plus de non musulmans, d’athées ou d’anti-cléricaux deviennent aujourd’hui objets d’intimidations. Pis, de menaces sur leur vie.  L’objectif est évident : c’est l’autocensure. La soumission spontanée du monde libre « afin de les soumettre à la religion de la soumission»  (Voltaire et Mozart en savent désormais quelque chose). Pour avoir écrit, déclaré et maintenu que  « La religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré », Michel Houellebecq n’a échappé à la fatwa qu’en allant se défendre devant le tribunal. A la barre, d’ailleurs, il en rajoute :  "L'islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition". L'écrivain a par ailleurs souligné son mépris pour tous les monothéismes et insisté sur le fait qu’à ses yeux, les textes sacrés des monothéismes sont dès le départ des textes de haine et non des appels à l'amour, à la paix et à la tolérance. L’actualité de ces trente dernières années n’en finit pas de lui donner raison. Sur le plan purement littéraire, Michel Houellebecq voit dans la Bible des passages "très bons" et d'autres "nuls à chier", le Coran lui apparaît "globalement médiocre". Et c’est parfaitement son droit, littérairement parlant.

L'écrivain a indiqué qu'il estime effectivement que l'islam est une "religion stupide" mais que son mépris ne s'étend pas aux musulmans. Je soutiens personnellement que, contrairement à ce que pense le pape, il est imbécile de vouloir faire entendre raison à un croyant. Mais il est criminel de vouloir imposer sa foi à un athée, ou à un croyant d’une autre religion. Pour un athée, le sacré n’existe pas. L’incroyant se fiche du texte mais respecte les personnes. Contrairement à ces croyants fascisants qui adorent le texte et trucident les gens au nom de l’amour divin. On n’a encore jamais vu une armée d’athées assassinant des croyants d’une quelconque religion. Mais le contraire est légion, si l’on ose dire. Les religions sont donc bien des facteurs de divisions, de haine et d’intolérance. Sauf pour celles et ceux qui les gardent pour eux. Sans obéir ni au pape, ni aux ayatollahs, ni aux mollahs, ni aux fourvoyeurs de conscience.

Le dangereux Houellebecq a reçu l’absolution de la République laïque. La Procureure de la République Béatrice Angelelli a en effet estimé que ses provocations concernaient que l'islam et pas les musulmans. Elle a mis en garde contre le glissement sémantique opéré par l'accusation. A quoi elle a ajouté que si Michel Houellebecq est effectivement un provocateur, il n'en appelle pas pour autant à la haine. La relaxe a été prononcée le 22 octobre 2002 et constitue une grande victoire pour la laïcité et la liberté d'expression. Le tribunal de Paris a jugé que ses propos très critiques à l'égard de l'islam ne constituaient pas une insulte envers les musulmans, un groupe de croyants n'étant pas assimilable à la religion à laquelle ils croient.

“L’appel au meurtre contre Rushdie a ouvert une jurisprudence par laquelle il est devenu loisible à n’importe quel imam spontané de prononcer une sentence de mort à l’encontre de n’importe quel intellectuel supposé musulman renégat, n’importe où dans le monde ”, faisait remarquer, à juste titre, le Fethi Benslama de l’hiver dernier.  Or, ces derniers mois, le champ de l’anathème s’élargit.  Non seulement les contestataires d’ « origine musulmane » voient se resserrer autour d’eux la condamnation pour apostasie ou blasphème. Mais encore il est interdit aux non musulmans de parler de l’islam, de ses pompes et de ses oeuvres. L’entrée des mosquées est bien interdite aux infidèles ? Eh bien désormais, l’accès au discours sur l’islam ou le Coran devient la propriété exclusive des « musulmans » labellisés, ou prétendus tels. On assiste en effet à l’exigence d’un brevet de légitimité. Il faut désormais être estampillé « de culture musulmane » pour être autorisé à critiquer, déblatérer, caricaturer, provoquer, le Coran et son Prophète. Houellebecq a osé passer outre et il a fait triompher la liberté d’expression. Mais depuis, la situation s’est bien dégradée. Plus grave encore : la fatwa est devenue un véritable contrat maffieux qui s’applique désormais à tout non musulman !

Le nouveau millénaire marque un tournant dans la fascisation de l’islamisme mondialisé. Cela ressemble beaucoup à la théorie de l’ « espace vital », de sinistre mémoire. Comme si l’islam se refusait à admettre sa situation de religion à la fois bousculée par le monde contemporain, et de plus en plus minoritaire. Car les preuves de volonté hégémonique s’accumulent. En 2 000, un groupe de terroristes islamistes assassine 2000 chrétiens qui protestaient contre l’application de la charia dans la ville de Kaduna au Nigéria. La même année, l'évêque des Moluques (Indonésie) dénonce le groupe terroriste indonésien Laskar Jihad pour son rôle dans les massacres et conversions forcées dans l'archipel, notamment dans l'île de Keswui. Une chrétienne des Moluques, Christina Sagat, est contrainte à la conversion et excisée de force. En Iran, en 2003, la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi est torturée et assassinée en prison, en raison de ses activités professionnelles.

En Europe, le 2 novembre 2004, le cinéaste néerlandais Theo Van Gogh est égorgé, à Amsterdam, par un islamiste marocain. Puni pour avoir réalisé un film, ‘‘Submission’’, où il montrait le dos d’une femme tatoué de versets du Coran pour dénoncer la soumission des femmes dans l’islam. Dans la France de 1994 déjà, le mannequin Claudia Schiffer avait scandalisé les organisations islamistes en défilant avec une robe imprimée de fragments de versets coraniques. La robe fut brûlée par la maison Chanel, ses photos censurées. Théo Van Gogh, lui, voulait dénoncer le danger que constitue l’islam radical pour l’Europe moderne et démocrate. Son assassin a déposé sur le cadavre une liste de personnes « condamnées », notamment la scénariste du film, Ayaan Hirsi Ali, députée hollandaise d’origine somalienne, aujourd’hui réfugiée aux Etats-Unis.

Laissons donc au Fethi Benslama de février 2006 les mots de la fin : « Dans les périodes les plus sombres de leur histoire, quand le colonialisme faisait régner son ordre de mépris et de négation des droits les plus élémentaires, les musulmans n’ont jamais considéré que leur Dieu était « humiliable », ni que les figures idéales de leur culture pouvaient être facilement diffamées : leur lutte pour leur dignité faisait simplement appel à légalité des droits, et non à la fabrique de la vengeance aveugle de l’«humiliation » - une notion inventée en Europe, qui appartient au lexique ecclésiastique de l’abaissement, de la honte, de la mortification, bref, à l’imaginaire de l’orgueil. Quand on tue des civils en masse, quand on égorge des hommes devant la télévision au nom de l’islam, n’est-ce pas là l’atteinte la plus grave contre laquelle les musulmans devraient protester ? Combien l’ont-ils fait ? » Tout est dit. Les écrits sont aussi têtus que les moutons. C’est sans doute cruel. Mais c’est la loi du genre. Encore faut-il maintenant, poser enfin les bonnes questions. Et tenter, ensemble, d’y répondre.

 
Hélène Michelini

 

 

par Tous ensemble publié dans : Tribune libre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Calendrier

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Recherche

Texte libre

Un député contre les discriminations racistes

Dans un communiqué de presse du 19 septembre dernier, Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres, député de l’Essonne et président de Debout la République, s’insurge violemment contre les pratiques communautaristes de l’UMP de Nicolas Sarkozy :

 
"Je viens de recevoir une lettre stupéfiante d’Yves Jego, collègue de Seine et Marne, Secrétaire National de l’UMP en charge des nouvelles adhésions, me conviant à une réunion des élus UMP “issus des minorités visibles”. Pire, il me demande de transmettre cette invitation aux membres de mon conseil municipal qui en feraient partie ! Qu’est-ce qu’une minorité visible? Les porteurs de lunettes rouges ? Les amateurs de kilt écossais ? Ceux qui raffolent des perruques ? Plus sérieusement, il s’agit des personnes de couleur ! En un mot, derrière cette expression d’une immense hypocrisie, l’UMP me demande s’il y a un “Black” ou un “Beur” dans mon conseil municipal. C’est le retour de l’apartheid, sous couvert d’une charité condescendante et d’arrière-pensées électoralistes. Quelle insulte pour les Français de toutes origines ! Je n’ose même pas transmettre cette lettre au conseiller municipal d’origine antillaise qui siège dans mon conseil, il serait, j’en suis sûr blessé dans sa chair de Français. Cette discrimination "positive" est dégradante et porte atteinte à la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen comme à la devise de notre République, “Liberté-Egalité-Fraternité”.

Albums Photos

W3C

  • Flux RSS des articles

Lire et Voir

Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus