L'INTEGRISME
n. m. XXe siècle. Dérivé d'intégriste ou emprunté de l'espagnol integrismo.Au sein d'une religion, attitude qui consiste à refuser, au nom de l'intégrité de la doctrine, toute interprétation nouvelle, toute évolution des pratiques traditionnelles, tout changement. L'intégrisme se mue facilement en fanatisme. Par anal. Intégrisme politique.

LE FANATISME
n. m. XVIIe siècle. Dérivé de fanatique. 1. Vieilli. Disposition d'esprit, comportement d'une personne qui se croit inspirée par la divinité. 2. Zèle outré et intolérant pour une religion, une croyance. Le fanatisme d'un inquisiteur. Par méton. Le fanatisme des guerres de Religion. 3. Attachement exclusif et intraitable à une doctrine, à un parti, à une opinion. Les fanatismes de tous bords.

Lundi 20 novembre 2006

Restez couvert, Monsieur le Ministre !
Par Ahmed HALLI
halliahmed@hotmail.com

Farouk Hosni est depuis près de vingt ans l'inamovible ministre de la Culture de l'Egypte. Quoique servant de paravent bon chic bon genre à un régime autoritaire et répressif, Farouk Hosni est (était) un ami des arts et des lettres respecté. C'est un peu grâce à lui que les créateurs égyptiens les plus hardis ont pu s'exprimer, aussi bien en littérature qu'au cinéma. Homme de culture reconnu aussi bien dans son pays qu'à l'étranger, Farouk Hosni est sans doute le seul ministre de Moubarak à avoir échappé au désastre collectif.

Pourtant, en septembre 2005, il a failli être emporté par les retombées de l'incendie d'un théâtre à Beni-Souif. Le théâtre de la ville avait accidentellement brûlé, lors d'une représentation. Une quarantaine de personnes, parmi lesquelles des comédiens et des critiques, avaient trouvé la mort dans l'incendie. Après le drame qui avait soulevé un grand émoi dans le pays, la responsabilité de Farouk Hosni avait été mise en cause. Des intellectuels progressistes comme l'écrivain Djamal Ghitani avaient dénoncé sa gestion et demandé qu'il soit démis de ses fonctions. Il avait alors préféré démissionner plutôt que de continuer à subir des attaques injustifiées à cause d'un accident imprévisible. Moubarak avait cependant refusé de se séparer de sa caution intellectuelle et Farouk Hosni avait été maintenu à son poste.

 Cette fois-ci les choses risquent de tourner autrement. Farouk Hosni s'est attaqué la semaine dernière à un morceau de tissu érigé en totem, le hidjab. Dans une déclaration au quotidien Al-Masri Al-Youmdu jeudi 16 novembre, Farouk Hosni a osé ce qu’aucun ministre du Machrek ou du Maghreb n'a pu seulement imaginer. Il s'est attaqué au sacro-saint hidjab affirmant qu'il représentait "un retour en arrière, une régression". "On ne doit pas cacher une chevelure de femme belle comme une rose, a-t-il dit avant de noter que "la religion, aujourd'hui, est réduite aux signes extérieurs alors que la relation de foi entre Dieu et sa créature n'a rien à voir avec l'habit". "La pudeur de la femme est une question de conviction interne, elle ne réside pas dans son apparence extérieure, a ajouté Farouk Hosni.

Il faut que l'Egypte redevienne belle comme elle l'était et qu'elle cesse d'imiter les Arabes qui considéraient, à une certaine époque, l'Egypte comme une partie de l'Europe". Et d'ajouter : "Nous avons vécu avec nos mères qui nous ont élevés et éduqués tout en allant à l'université ou au travail sans hidjab. Pourquoi revenons-nous aujourd'hui en arrière? Des crimes se commettent aujourd'hui au nom du hidjab et du niqab. Le monde va de l'avant et nous ne progresserons pas tant que nous continuerons à penser de façon rétrograde et à aller écouter des fetwas de cheikhs à "trois millimes". Nous avons même perdu ces voix mélodieuses qui appelaient à la prière dans les mosquées. Nous entendons aujourd'hui des voix qui sont parmi les plus horribles qui soient". Farouk Hosni a, d'autre part, rappelé que lors de sa visite récente au Qatar et à Bahreïn, il a pu noter que les Etats arabes faisaient des progrès en matière d'organisation, de propreté. "Même les femmes commencent à découvrir leurs visages, alors que nous revenons en arrière et que nous les dissimulons. Un Etat comme Singapour commence à rivaliser avec la Chine et avec l'Inde. Cet Etat n'a pourtant que cent ans d'existence. Pendant ce temps, nous restons sur place bien que nous ayons une civilisation qui remonte à cinq mille ans".

Farouk Hosni a, enfin, enfoncé le clou en affirmant que le ministère de la Culture et ses représentants devaient être le rempart principal contre la propagation de ces idées. Immédiatement, les "trompettes de Jéricho" de l'establishment islamiste ont résonné sous les murs du ministère de la Culture. La meute, emmenée par la chaîne qatarie Al-Jazira s'est déchaînée contre Farouk Hosni. La télévision satellitaire a interrogé les "bons" clients de la rue égyptienne, huit hommes et une femme en hidjab, l'égalité parfaite. Tous ont chanté la vertu irremplaçable du hidjab. Dans toute la ville du Caire, les caméras de la chaîne n'ont pas trouvé un seul "échantillon" populaire pour soutenir Farouk Hosni.

 Des voix se sont fait entendre au Parlement et chez les Frères musulmans pour dénoncer cette atteinte intolérable au dogme proclamé. L'un des porte-voix de la mouvance islamiste a déclaré que le ministre de la Culture devait démissionner puisqu'il s'oppose au voile que portent la majorité des Egyptiennes. Jusqu'ici, Farouk Hosni n'a pas exprimé son intention de démissionner mais s'est dit prêt à se soumettre à un vote de confiance du Parlement. Devant la virulence des réactions, il a cependant tempéré ses propos en précisant qu'il respectait les femmes voilées. Il a donné pour preuve le fait que de nombreuses femmes en hidjab étaient employées dans son ministère et étaient traitées sur un pied d'égalité avec les autres. Celui qui risque d'être d'un moment à l'autre, un ex-ministre de la Culture a fait un nouveau pas en arrière. Il n'a fait qu'exprimer son opinion personnelle et il n'a pas fait de commentaire sur le caractère religieux ou non du hidjab.

Cette fois-ci Farouk Hosni n'affronte pas une mobilisation d'intellectuels indignés par l'incendie meurtrier d'un théâtre. Il a affaire à une oligarchie qui resserre sa mainmise sur la société et n'entend pas rouvrir des portes scellées à jamais.

Toutefois, les partisans de Farouk Hosni persistent et signent. Les propos de Hosni sur le voile "sont une preuve de courage", affirme l'écrivaine Iqbal Baraka, farouche opposante au hidjab. "Il a le droit d'exprimer son opinion et nul n'a le droit de l'attaquer pour cette raison, dit-elle. Le hidjab est un retour à l'obscurantisme et un signe d'arriération intellectuelle", a-t-elle ajouté. De son côté, l'écrivain Youssef Al-Qa'id exprime la même opinion et se dit en plein accord avec les propose du ministre égyptien de la Culture. "Le hidjab est une graine plantée par le défunt président Anouar Sadate dans les années soixante-dix du siècle dernier, selon Al-Qa'id. Le danger n'est pas dans le bout de tissu qu'est le hidjab mais dans le voile mental que s'imposent certaines femmes aujourd'hui. Le hidjab est sur le point de diviser la société en deux de sorte que la femme qui ne le porte pas est considérée comme chrétienne jusqu'à preuve du contraire. Et Youssef Al-Qa'id de citer en exemple le cas de sa propre fille qui ne porte pas le voile et qui est souvent en butte à des questions sur sa religion. "Les canons de l'Islam sont au nombre de cinq et le hidjab n'y figure pas. Il a été imposé aux épouses du Prophète et aux croyantes afin que les mécréants ne les reconnaissent pas", souligne encore l'écrivain.

Même ton chez Oussama Anour Okacha : "L'Egypte vivait depuis la conquête musulmane un Islam modéré et tolérant jusqu'à ce qu'à son invasion par les mouvances "djihadistes" et leurs tentatives de "wahhabiser" la culture égyptienne et d'en effacer les repères." Pour sa part, le penseur Djamal Al- Bana se dit étonné par l'agitation créée autour des déclarations de farouk Hosni. Il critique vertement ceux qui défendent le hidjab les accusant de vouloir "emprisonner l'Islam dans le hidjab et de confiner la religion dans un mètre carré de tissu".

C'est sans doute à cause de ce mètre carré de tissu que l'Egypte risque de perdre un bon ministre de la Culture. S'il réussit à s'en sortir, Farouk Hosni devra réapprendre les règles de longévité dans un gouvernement arabe d'aujourd'hui. Pour durer, un ministre doit sortir couvert, c'est-à-dire arborer la calotte du bon pratiquant et porter le bâillon invisible qui va avec.

Ahmed Halli - Le Soir d’Algérie – 20.11.06

 

par Tous ensemble publié dans : Tribune libre
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Dimanche 19 novembre 2006

Par Mohamed Sifaoui.

 

Je suis mal à l’aise à chaque fois que je dois mettre en avant mes croyances personnelles. Mais le contexte national et international illustré, entre autres, par la désormais « affaire Redeker » me pousse à m’exprimer aussi en tant que musulman et croyant. Le citoyen que je suis a depuis longtemps fait savoir sa position à l’égard de l’intégrisme. En tant que journaliste et écrivain j’ai également fait connaître mon opinion à travers divers travaux.

Mais qu’en pense le musulman que je continue d’être ? La question mérite d’être posée.

Je peux être en total désaccord avec Robert Redeker – et ce n’est pas le cas – et le soutenir. C’est d’abord pour moi une position de principe. Mais au-delà, il y a une autre raison, de fond celle-ci, qui me conforte dans le fait qu’il est impératif, vital, et peut-être surtout pour un musulman, de soutenir Robert Redeker.

Dans son article publié par Le Figaro, le philosophe pose une question fondamentale : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? ». Fondamentale cette question l’est parce que les sociétés, musulmanes ou occidentales, rejetant l’islamisme ainsi que les dirigeants des pays musulmans ou ceux des pays démocratiques ne savent toujours pas quelle attitude adopter face à ce fascisme, qu’est l’islamisme. Force est de constater, en effet, que lorsqu’ils ne sont pas pétrifiés par le phénomène, les dirigeants européens notamment, mais aussi certains « intellectuels », s’accommodent assez facilement de l’intégrisme musulman. Pour peu qu’il soit jugé, par eux, comme « modéré », il n’y a plus alors aucun problème. Pour peu que leur interlocuteur taille sa barbe, laisse tomber la djellaba pour le costard cravate et prétend honnir Ben Laden, cela suffit à certains pour adouber et cautionner les pourfendeurs des principes laïcs.

Lorsqu’un islamiste « modéré » exige d’un maire l’aménagement de plages horaires pour les femmes, il sape les fondements même de la République. Et lorsque le maire accède à sa demande il se rend forcément complice d’un acte ignoble contre la laïcité : faire passer la « loi de Dieu » avant celle des hommes. Lorsqu’un responsable politique soutient une attaque en justice contre la liberté d’expression – comme cela a été le cas lors de l’affaire des caricatures – il se rend complice d’un travail de sape visant un principe fondamental d’une démocratie : la liberté de la presse et le droit – oui le droit – de critiquer les religions et les dogmes, toutes les religions et tous les dogmes.

Ainsi, de ce point de vue, Robert Redeker avait raison de poser sa question à l’opinion publique.

Mais on nous dira qu’il n’avait pas à « insulter » le Prophète. Ou est l’insulte contre Mahomet ? Critiquer, quand bien même d’une manière erronée voire injuste, un Prophète ou bien tuer au nom de ce même Prophète ? Ou est l’insulte contre le Coran ? Dire que le Livre sacré des musulmans est d’une « inouïe violence » ou tuer, lapider et excommunier au nom de ce même Livre pour le rendre d’une inouïe violence. Ou est l’insulte contre l’islam ? Dire   que le Pèlerinage à la Mecque met « en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie », ou faire de la Mecque la base de lancement de cette idéologie fasciste qu’est le salafisme. Ou est l’insulte contre les musulmans ? Leur ouvrir le débat qu’ils n’osent pas aborder eux-mêmes, ou constater la barbarie et la sauvagerie qui s’abat sur le monde devant le silence assourdissant des « dignitaires musulmans ». Ou est l’insulte ? Une tribune d’un professeur de philosophie ou les menaces de mort qui ne cessent de s’abattre sur lui mais aussi sur tout ceux qui osent aujourd’hui parler de l’islam, condamner l’islamisme et dénoncer le terrorisme ?

J’aimerais bien que les musulmans, notamment les religieux, qu’ils soient de la Mosquée de Paris ou de l’UOIF, qu’il soient en djellaba ou en costard cravate, j’aimerais bien qu’ils me donnent une explication claire, cohérente et logique qui me permettrait de dormir en paix et de comprendre leur silence au lendemain des attentats de Londres, Madrid, New York, Charm Echeïkh, Istanbul, Alger, Casablanca, Bali, Djerba et j’en passe. Pourquoi sont-ils si silencieux lorsque des « illuminés », nous dit-on, menacent Redeker et si prompts à poursuivre en justice Charlie Hebdo pour un simple coup de crayon ? Pourquoi organisent-ils, ou laissent-ils s’organiser, des manifestations pour le voile et devenir subitement boiteux lorsqu’il s’agit de manifester contre la barbarie terroriste qui s’applique au nom de l’islam donc en leur nom aussi ? Il est temps de rompre avec les thèses bien-pensantes. Les « musulmans modérés » ou plutôt les musulmans laïcs existent. Mais ils n’existent vraiment que lorsqu’ils exprimeront leur condamnation claire et limpide à l’égard de l’intégrisme qui tue, menace, lapide, harcèle, intimide, viole, pille, violente tout en préférant l’obscurantisme à la lumière, l’archaïsme à la modernité et la mort à la vie.  

Si je devais faire un reproche à Robert Redeker, il n’y en aurait qu’un et il n’y en a qu’un, je pense que le philosophe n’a pas le droit de se cacher, n’a pas le droit de délaisser son travail et n’a pas le droit d’avoir peur. Robert Redeker est dans son droit, ce n’est pas à lui de se cacher, c’est aux criminels islamistes. Robert Redeker n’a pas à avoir peur, ce sont les tueurs fanatiques qui devraient comprendre, une fois pour toute, que les femmes et les hommes libres, les musulmans laïcs et tout ceux qui restent attachés aux principes démocratiques et républicains ne comptent pas céder devant leurs lâches intimidations. Des Redeker, il y en a et il y en aura partout. Il y en a en Algérie, il y en a au Maroc mais aussi en France, au Danemark, en Grande-Bretagne, au Pakistan ou en Égypte. Et la résistance à l’obscurantisme ne doit pas cesser. Elle ne cessera d’ailleurs pas. A ce propos, le ministre égyptien de la culture vient d’annoncer que « le port du voile est une régression », ceci au moment où deux députés français comptent proposer des « lois contre le blasphème ». Quel paradoxe, sacré bon Dieu !  
par Tous ensemble publié dans : Tribune libre
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Samedi 11 novembre 2006

 Une Rencontre Internationale contre le racisme et l'intégrisme, pour la laïcité, pour les libertés de conscience et d'expression, pour l'égalité des droits hommes-femmes va se tenir à Paris les 10 et 11 février prochains. Un comité d'initiative se met en place,  qui se veut aussi large que possible, avec des participants de plusieurs pays et la coopération de divers mouvements et personnalités. Un APPEL est en préparation et sera soumis incessamment . D'ores et déjà nous demandons à tous ceux qui sont intéressés de nous le faire savoir sans attendre.

 Association AlgériEnsemble - Tousensemble@9online.

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 Un correspondant nous fait parvenir une texte intéressant que nous diffusons, ci-dessous, comme une simple contribution

                                    La Science est la richesse dont nous avons besoin*

 « La laïcité et les pays laïcs et de science sont la solution pour les problèmes psychologiques des arabes, bien avant les problèmes économiques et culturels. Et la science est la richesse dont nous avons besoin; et la voie scientifique est le moyen qui définit cette route. »


D. Fadel Al Khatib

 

 Voici la traduction " mot à mot" d’un article rédigé, en arabe par un intellectuel arabe à Budapest…  Traduire un article arabe, fût-il rédigé par un docteur, tel le signataire de ce texte, n’est pas une entreprise aisée, tellement la phraséologie arabe est pompeuse, redondante, digressive; ce qui est compliqué par l’absence de ponctuation… 

 Une autre difficulté est l’absence de l’unité du sujet: le rédacteur parle d’abord de l’Histoire et termine par une défense de la laïcité. J’ai donc traduit ses propos mot à mot, en essayant d’exprimer au mieux sa pensée. Que je partage personnellement.
                                                                                                   Atanane http://www.20six.fr/atanane
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" Pourquoi, ô Arabes, nous apparentons tous les grands et tous les dirigeants, les nobles des pays que nous avons conquis et arabisés, à la nation arabe, l’unique, l’éternelle et nous nions leur identité ethnique? Pourquoi refusons-nous d’admettre toutes nos défaites dans l’Histoire ancienne et moderne et nous les rattachons, nous expliquons leurs causes au colonialisme ancien ou moderne, à l’impérialisme, au sionisme, etc.? !

Pourquoi ô Arabes, nous occupons, nous combattons nos propres identités et celles des autres? Est- ce dû à l’absence d’une identité nationale ou raciale chez nous? Est- ce dû à l’esprit de conquête et de domination dont nous avons hérité? Quel mal y a-t-il à reconnaître les spécificités de chacun? Qu' il soit prestigieux ou anonyme, avec son identité propre et sa nationalité? Pourquoi ne sommes nous pas sincères avec notre Histoire et avec nous-mêmes?

Nous lisons dans le dictionnaire de langue et des noms propres- 22 ème édition- ce qui suit: " Ibn Rochd ( Abu Al Walid Mohammad Ibn Ahmad, 1126/ 1198 ): Philosophe arabe né à Cordoue, mort à Marrakech, etc..."

 Quelle différence entre les conquêtes intellectuelles et civilisationnelles des autres pays au temps de gloire des Arabes, si l' identité arabe et le fait d' appartenir à cette identité était minoré et faible? Pourquoi refusons-nous de reconnaître aux autres l’appartenance à leurs propres identités? Pourquoi nous imposons aux autres identités non arabes Al Ghazali, et Ibn Taymiya, et Ben Laden, et ... Et nous leur dénions Ibn Rochd, Ibn Tofayl, et les dizaines d’autres penseurs qui sont le fruit de leurs peuples et de leurs identités? Nous leur imposons Al Ghazali qui dit dans son livre" L’égarement des Philosophes" : " S’occuper des sciences naturelles est un péché " et nous dénions aux Imazighens et à nous mêmes ce qu' a dit Ibn Rochd»: Dieu ne nous donne pas la raison et des lois qui lui sont opposées." Ceci est notre résultat et cela est le leur!!!

Le peuple amazigh dont les racines s’étendent à des milliers d’années a donné trois dynasties pharaoniques et a donné Ibn Rochd, Ibn Khaldoun, ainsi que le grand romancier libyen de réputation universelle Ibrahim Âouni, et parmi eux également Mohamed Choukri et l’Algérienne Assia Djebbar et des milliers de grands qui ont apporté à leur peuple et à l’humanité beaucoup.
Ce peuple mérite le respect, ce peuple mérite de prendre ses droits identitaires légitimes. La poétesse amazighe Malika Mezzan dit: " Que la nationalité arabe aille en enfer si elle doit finir par éradiquer les peuples qu’elle a dominés et auxquelles elle a imposé sa présence et sa culture..."

Je salue la poétesse courageuse qui écrit en langue arabe, la langue de tes oppresseurs et des oppresseurs de ton peuple. Je salue Malika Mezzan pour sa révolte parfois et je respecte son attachement à son amazighité originelle; et je répète avec elle: qu’elle aille en Enfer n’importe quelle force, qu’elle soit nationaliste ou religieuse si sa finalité est d’éradiquer et de marginaliser les autres!
Il est de votre droit de défendre les droits de vos peuples opprimés et menacés d’extinction et de disparition; et il est de notre devoir de soutenir ce combat légitime de tous les peuples persécutés qu’ils soient amazighes, Kurdes, Syriaques, Chaldéens, Sabéens...

Comme c’est étrange que nous demandions à ceux que nous avions dominés et conquis leurs pays sous n’importe quel prétexte de disparaître au lieu de nous adapter à eux. Combien de justifications faudra t il aux générations arabes futures comme excuses pour notre Histoire et nos erreurs, nos conquêtes, si la condition des conquérants d’hier est encore la même que celle des dominateurs d’aujourd’hui? L’écrivain Haydar Haydar a donné cette image dans son livre " Le festin des herbes de la mer" la plus belle des images quand il dit:" La terre plate absorbe son eau et celle des autres terres."

Est- ce que nous nous désaltérons, ô Arabes? Nous sommes fiers de notre Histoire lorsque à l’époque de Uthman une courtisane fut vendue selon son pesant en or. Une courtisane ravie de son pays conquis ou volée aux marchands d’esclaves. Et il y a un acheteur qui jusqu’à la veille tuait les autres pour se procurer des vêtements ou quelques dattes et du lait. Et cet acheteur est devenu si riche qu’il est capable de commettre un acte si bas et méprisable qui le pousse à acheter une courtisane à son pesant d’or!

Mon Dieu qu’est-il donc arrivé aux gens des pays conquis et aux musulmans qui ne sont pas des " seigneurs" arabes, appelés des assujettis ( mawalis), sans parler de ceux qu’on appelle des " dhîmmis"!
La misère des peuples et des nationalités non arabes et qui vivent sur la terre de leurs ancêtres historique, bien avant l’arrivée des "conquêtes arabes" et que nous avons appelés comme nous le voulions, tout cela reste des invasions et du colonialisme. Ces peuples qui sont devenus des "minorités" resteront sans droits tant que n’est pas réalisé l’Etat de droit et de démocratie, tant que ces pays ne fonctionnent pas sous un régime laïque, le sentier qui libère chaque individu et chaque peuple de sa servitude et sa domination qu’elle soit ethnique, nationaliste ou religieuse! La laïcité est la solution non seulement aux enfants des peuples arabes pour se libérer du sous développement intellectuel, spirituel et économique, mais c’est aussi la solution et le salut pour les autres ethnies et autres peuples qui vivent sur cette terre.

La laïcité est l’alternative contre les agressions, qu’elles soient visibles ou non, d'une ethnie sur telle autre et je ne crois pas qu’il existe de haine entre les communautés! La laïcité qui va unir la société dans les faits sur la base du Droit et de la liberté politique, raciale, religieuse ou non religieuse; car l’appartenance commune sera sur la base de la nation commune; dans les pays qui ont adopté la laïcité dans la direction des affaires de l’Etat les droits de toutes les ethnies sont égaux, quelle que soit leur importance numérique.

La diversité ethnique, confessionnelle, intellectuelle ou spirituelle est une richesse pour cette société et une richesse pour cet Etat.
Et nous voyons aujourd'hui que dans tous les pays développés la diversité ethnique est un avantage de richesse et de prospérité pour ces sociétés.
Comment se fait-il que dans tous les pays occidentaux où vivent des arabes, qu' ils soient quelques milliers ou des millions, il est possible d' enseigner et d' apprendre la langue arabe, alors que dans les pays arabes il est interdit aux non arabes, les vrais habitants historiques de ces pays, d' apprendre et d' enseigner dans leur langue maternelle!

La laïcité et les pays laïcs et de science sont la solution pour les problèmes psychologiques des arabes, bien avant les problèmes économiques et culturels. Et la science est la richesse dont nous avons besoin; et la voie scientifique est le moyen qui définit cette route.

 La répression de la culture comme c’est le cas en Syrie est d’un prix très élevé non seulement pour le régime mais aussi pour le pays, pour la nation, pour le peuple et son avenir.

 Et même si nous savons que l’obtention de la science coûte cher, le prix de ce que coûte l’ignorance est encore plus élevé!

 Budapest 27 juin 2006

 D. Fadel Al Khatib
Source: Le Dialogue civilisé, www.rezgar.com, n° 1607? 10/ 7/ 2006

 *Le titre et le condensé de la note du traducteur sont de la rédaction de Raisonances.

 

 

 

 

 

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Mercredi 1 novembre 2006

Il faut hurler

Une jeune femme de vingt-six ans, vivant dans les quartiers Nord de Marseille, a vu son destin basculer tragiquement en cette soirée du samedi 28 octobre. Aujourd’hui entre la vie et la mort, cette personne, si elle survit, restera à jamais marquée, physiquement et moralement, par les terribles brûlures sur tout le corps, causées par le geste criminel d’un groupe de jeunes qui a cru bon de mettre le feu au bus, sans se préoccuper des personnes qu’il y avait à l’intérieur. Je n’ai même pas le goût d’insister sur le fait que j’assistais, la semaine dernière, à un colloque organisé par une association, Marseille Espérance, regroupant les sept principales religions de la ville, qui expliquaient que c’était grâce à elles que la paix régnait à Marseille, et donc qu’il fallait assouplir les règles laïques pour mieux les financer et les aider (du Machelon et du Sarkozy dans le texte). Comment ne pas hurler sa rage, son dégoût, sa révolte devant cette vie brisée, et devant ce drame que tout le monde sentait venir. Quand, depuis plusieurs jours, d’abord en région parisienne, puis ailleurs, le nouveau jeu des néo-psychopates consiste à brûler les bus, à caillasser les pompiers, ou à agresser les policiers, chacun se doutait que cela allait finir par un drame et des morts.

On a envie, devant de telles horreurs, de demander des comptes.

D’abord au ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Dans sa culture libérale, on ne récompense que les gagnants. Or, depuis qu’il est à Bercy, il parle certes beaucoup, mais cela ne marche pas. Imaginons que des faits d’une telle gravité arrivent sous un gouvernement de gauche, que n’entendrait-on pas sur le laxisme supposé et l’incapacité du gouvernement à faire régner l’ordre ? En ayant joué une stratégie totalement axée sur la répression, le maire de Neuilly est en train de perdre la partie, et se montre incapable de protéger les citoyens des quartiers populaires des exactions de jeunes garçons qui sont aujourd’hui des criminels potentiels. Mais il serait bien trop facile de se contenter du pointer du doigt Nicolas Sarkozy, son abandon de la police de proximité, et ses provocations, et de se dire que tout est la seule faute du ministre de l’Intérieur. Il serait temps, au contraire, de pointer du doigt la responsabilité, devant la situation explosive dans laquelle les quartiers populaires sont plongés, de tous ceux qui, pendant des années, et encore aujourd’hui, ont nié, ou totalement sous-estimé, la gravité de la situation, et ont insulté les militants et les citoyens dès qu’ils osaient aborder la question de la sécurité.

Tous ces journalistes (Le Monde, Libé et les Inrokuptibles), sociologues (dont la caricature est Laurent Mucchielli), psychosociologues, gauchistes et autres bobos bien pensants, qui refusent de prendre le problème à bras le corps et qui ne regardent que le malaise des jeunes et non le caractère illégitime d’une violence au sein du peuple.

Les mêmes, et d’autres à l’extrême gauche, qui parlaient de « lepénisation des esprits ». Ceux qui taisaient les violences d’agressions gratuites contre une fête techno, place de la Bastille. Ceux qui ont traîné dans la boue Jean-Pierre Chevènement, quand il a employé le terme « sauvageon », le faisant passer pour un fasciste raciste.

Ceux qui n’aiment pas la France, et n’arrêtent pas de parler d’elle comme d’un pays raciste, colonialiste et ségrégationniste, quand ils ne parlent pas d’apartheid. Ceux qui, avec ce discours, encouragent les jeunes à haïr leur pays, et à insulter les « Cefrans » blancs, tout en alimentant l’antisémitisme dans l’Hexagone. Ceux qui ont applaudi quand l’hymne national a été sifflé par tout un stade, laissant des citoyens ébahis devant leur poste de télévision, lors d’un mémorable France-Algérie qui a coûté cher à Jospin et à toute la gauche.

Ceux qui ont toujours voulu expliquer les émeutes et les scènes de guerillas urbaines par la seule question sociale, en stigmatisant toujours les flics, en excusant la fuite en avant des jeunes délinquants, toujours présentés comme des victimes et en n’ayant aucun mot pour les couches populaires victimes de ces agressions. Ceux qui ont nié la gravité des attaques racistes, au faciès, contre les lycéens, en 2004, lors d’une manifestation, préparation aux agressions spectaculaires contre les manifestants du CPE, un an plus tard, où il faudra toute la mobilisation des services d’ordre syndicaux pour protéger les étudiants et leurs portables. Que dire des dramatiques émeutes de l’an passé, où le photographe et le retraité, frappés à mort, gratuitement, ne comptent guère, et où seules sont célébrés les deux jeunes de Clichy, dont la mort est tout aussi dramatique.

Que dire de ces pousse-au-crime, sur les sites, ou dans les discours, qui voient dans les jeunes nihilistes criminels les descendants de mai 68 pour impulser la révolte sociale dans les banlieues ? Que dire de ces militants de la gauche bien-pensante, autistes au phénomène du 21 avril, incapable d’entendre les demandes de sécurité du peuple, qui ont lynché littéralement Ségolène Royal lorsqu’elle a commencé à parler de cette question en sortant du discours politiquement correct ? Respublica, qui pourtant ne fait pas partie des groupies de la présidente de Charentes-Poitou, avait, sans partager l’ensemble de ses propos, montré du doigt le véritable suicide politique de ceux qui calomniaient Ségolène pour ses propos sans proposer la moindre alternative en dehors de propos laxistes et consentants à la violence. Ces gens là faisaient passer un message terrible au peuple : si la gauche revient, cela sera de la prévention sans la répression, en laissant entendre qu’à gauche, le mot répression est toujours un gros mot pour beaucoup, et que suspects sont ceux qui s’en revendiquent ! Mais avec la droite et l’extrême droite, on aura la répression sans la prévention. Donc, si on voulait dégoûter les habitants de notre pays de la politique, on ne ferait pas mieux !

Alors que les vrais gens (ceux qui ne sont pas des militants politiques incapables de répondre aux aspirations du peuple) savent bien qu’il faut :

<!--[if !supportLists]-->·          <!--[endif]-->de la répression et de la prévention.

<!--[if !supportLists]-->·          <!--[endif]-->déclarer illégitime toute violence au sein du peuple.

<!--[if !supportLists]-->·          <!--[endif]-->rétablir la police de proximité.

<!--[if !supportLists]-->·          <!--[endif]-->revenir aux formations des BAC d’avant la politique de Sarkozy.

<!--[if !supportLists]-->·          <!--[endif]-->rétablir tous les services publics qui ont déserté les quartiers populaires (commissariats, centre de santé, planning familial , poste, centre de loisirs, renforcement des moyens dans l’école pour en faire des écoles d’excellence, éducation populaire, etc.).

Tout cela est nécessaire, mais il faudra du temps. En attendant, les citoyens ont besoin d’entendre un signal fort, qui fasse comprendre que le discours de gauche bobo, c’est fini, et qu’aujourd’hui, la volonté de faire régner l’ordre républicain dans les quartiers populaires sera sans faille, en s’en donnant tous les moyens. On ne peut plus accepter des comportements qui mettent en danger la vie d’autrui, pourrissent la vie quotidienne des citoyens, ne soient pas sanctionnés d’une manière exemplaire, qui ne donne pas envie aux coupables de recommencer de sitôt. Nul ne sait, aujourd’hui, comment les jours qui suivent vont se dérouler. Mais nul ne peut ignorer que dans trop de quartiers populaires, les chauffeurs de bus, souvent syndiqués, ont peur, et subissent tous les jours insultes et agressions. Nul ne peut ignorer que dans trop écoles, on fait de la garderie, on ne transmet plus de savoirs, que les enseignants sont insultés, et que le remarquable rapport Obin est hélas en dessous de la vérité. Nul ne peut ignorer que dans beaucoup de cités, les délinquants mafieux ont mis sous coupe des quartiers entiers, et que les intégristes religieux complètent le travail en encadrant politiquement les populations, et surtout les femmes. Mais le premier qui ose proposer des solutions qui sortent du moule du « politiquement correct » sait que les commissaires politiques de l’extrême gauche communautariste, loin de se lancer dans l’autocritique de toutes les sornettes qu’ils ont prononcées depuis vingt ans, participeront au rappel à l’ordre, et au lynchage du déviant. Pendant que Sarkozy est face à l’échec, que les socialistes font comme si ce problème n’existait pas, que le non de gauche (bien discrèt sur ces questions) cherche l’homme ou la femme providentiel, Le Pen, lui aussi fort discret, boit du petit lait devant une situation dont l’embrasement ne pourrait que lui profiter.

Stéphane Rozès disait que la principale aspiration des classes populaires, les 7 millions d’employés et les 6 millions d’ouvriers, était une demande de sécurité, physique et sociale, pour eux et leurs enfants. Seul un candidat de gauche au discours républicain, a aujourd’hui une chance d’empêcher le balancier d’aller de l’autre côté, comme un dimanche soir d’avril 2002.

Mais pour cela, il lui faudra se montrer particulièrement convaincant, courageux et audacieux pour que, au delà des mots, les électeurs comprennent qu’avec lui, il y aura une volonté politique de ne plus accepter ce qui est toléré en France depuis vingt ans.

Évariste dans Respublica du 30.10.06

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Un député contre les discriminations racistes

Dans un communiqué de presse du 19 septembre dernier, Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres, député de l’Essonne et président de Debout la République, s’insurge violemment contre les pratiques communautaristes de l’UMP de Nicolas Sarkozy :

 
"Je viens de recevoir une lettre stupéfiante d’Yves Jego, collègue de Seine et Marne, Secrétaire National de l’UMP en charge des nouvelles adhésions, me conviant à une réunion des élus UMP “issus des minorités visibles”. Pire, il me demande de transmettre cette invitation aux membres de mon conseil municipal qui en feraient partie ! Qu’est-ce qu’une minorité visible? Les porteurs de lunettes rouges ? Les amateurs de kilt écossais ? Ceux qui raffolent des perruques ? Plus sérieusement, il s’agit des personnes de couleur ! En un mot, derrière cette expression d’une immense hypocrisie, l’UMP me demande s’il y a un “Black” ou un “Beur” dans mon conseil municipal. C’est le retour de l’apartheid, sous couvert d’une charité condescendante et d’arrière-pensées électoralistes. Quelle insulte pour les Français de toutes origines ! Je n’ose même pas transmettre cette lettre au conseiller municipal d’origine antillaise qui siège dans mon conseil, il serait, j’en suis sûr blessé dans sa chair de Français. Cette discrimination "positive" est dégradante et porte atteinte à la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen comme à la devise de notre République, “Liberté-Egalité-Fraternité”.

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