L'INTEGRISME
n. m. XXe siècle. Dérivé d'intégriste ou emprunté de l'espagnol integrismo.Au sein d'une religion, attitude qui consiste à refuser, au nom de l'intégrité de la doctrine, toute interprétation nouvelle, toute évolution des pratiques traditionnelles, tout changement. L'intégrisme se mue facilement en fanatisme. Par anal. Intégrisme politique.

LE FANATISME
n. m. XVIIe siècle. Dérivé de fanatique. 1. Vieilli. Disposition d'esprit, comportement d'une personne qui se croit inspirée par la divinité. 2. Zèle outré et intolérant pour une religion, une croyance. Le fanatisme d'un inquisiteur. Par méton. Le fanatisme des guerres de Religion. 3. Attachement exclusif et intraitable à une doctrine, à un parti, à une opinion. Les fanatismes de tous bords.

Mercredi 1 novembre 2006

Il faut hurler

Une jeune femme de vingt-six ans, vivant dans les quartiers Nord de Marseille, a vu son destin basculer tragiquement en cette soirée du samedi 28 octobre. Aujourd’hui entre la vie et la mort, cette personne, si elle survit, restera à jamais marquée, physiquement et moralement, par les terribles brûlures sur tout le corps, causées par le geste criminel d’un groupe de jeunes qui a cru bon de mettre le feu au bus, sans se préoccuper des personnes qu’il y avait à l’intérieur. Je n’ai même pas le goût d’insister sur le fait que j’assistais, la semaine dernière, à un colloque organisé par une association, Marseille Espérance, regroupant les sept principales religions de la ville, qui expliquaient que c’était grâce à elles que la paix régnait à Marseille, et donc qu’il fallait assouplir les règles laïques pour mieux les financer et les aider (du Machelon et du Sarkozy dans le texte). Comment ne pas hurler sa rage, son dégoût, sa révolte devant cette vie brisée, et devant ce drame que tout le monde sentait venir. Quand, depuis plusieurs jours, d’abord en région parisienne, puis ailleurs, le nouveau jeu des néo-psychopates consiste à brûler les bus, à caillasser les pompiers, ou à agresser les policiers, chacun se doutait que cela allait finir par un drame et des morts.

On a envie, devant de telles horreurs, de demander des comptes.

D’abord au ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Dans sa culture libérale, on ne récompense que les gagnants. Or, depuis qu’il est à Bercy, il parle certes beaucoup, mais cela ne marche pas. Imaginons que des faits d’une telle gravité arrivent sous un gouvernement de gauche, que n’entendrait-on pas sur le laxisme supposé et l’incapacité du gouvernement à faire régner l’ordre ? En ayant joué une stratégie totalement axée sur la répression, le maire de Neuilly est en train de perdre la partie, et se montre incapable de protéger les citoyens des quartiers populaires des exactions de jeunes garçons qui sont aujourd’hui des criminels potentiels. Mais il serait bien trop facile de se contenter du pointer du doigt Nicolas Sarkozy, son abandon de la police de proximité, et ses provocations, et de se dire que tout est la seule faute du ministre de l’Intérieur. Il serait temps, au contraire, de pointer du doigt la responsabilité, devant la situation explosive dans laquelle les quartiers populaires sont plongés, de tous ceux qui, pendant des années, et encore aujourd’hui, ont nié, ou totalement sous-estimé, la gravité de la situation, et ont insulté les militants et les citoyens dès qu’ils osaient aborder la question de la sécurité.

Tous ces journalistes (Le Monde, Libé et les Inrokuptibles), sociologues (dont la caricature est Laurent Mucchielli), psychosociologues, gauchistes et autres bobos bien pensants, qui refusent de prendre le problème à bras le corps et qui ne regardent que le malaise des jeunes et non le caractère illégitime d’une violence au sein du peuple.

Les mêmes, et d’autres à l’extrême gauche, qui parlaient de « lepénisation des esprits ». Ceux qui taisaient les violences d’agressions gratuites contre une fête techno, place de la Bastille. Ceux qui ont traîné dans la boue Jean-Pierre Chevènement, quand il a employé le terme « sauvageon », le faisant passer pour un fasciste raciste.

Ceux qui n’aiment pas la France, et n’arrêtent pas de parler d’elle comme d’un pays raciste, colonialiste et ségrégationniste, quand ils ne parlent pas d’apartheid. Ceux qui, avec ce discours, encouragent les jeunes à haïr leur pays, et à insulter les « Cefrans » blancs, tout en alimentant l’antisémitisme dans l’Hexagone. Ceux qui ont applaudi quand l’hymne national a été sifflé par tout un stade, laissant des citoyens ébahis devant leur poste de télévision, lors d’un mémorable France-Algérie qui a coûté cher à Jospin et à toute la gauche.

Ceux qui ont toujours voulu expliquer les émeutes et les scènes de guerillas urbaines par la seule question sociale, en stigmatisant toujours les flics, en excusant la fuite en avant des jeunes délinquants, toujours présentés comme des victimes et en n’ayant aucun mot pour les couches populaires victimes de ces agressions. Ceux qui ont nié la gravité des attaques racistes, au faciès, contre les lycéens, en 2004, lors d’une manifestation, préparation aux agressions spectaculaires contre les manifestants du CPE, un an plus tard, où il faudra toute la mobilisation des services d’ordre syndicaux pour protéger les étudiants et leurs portables. Que dire des dramatiques émeutes de l’an passé, où le photographe et le retraité, frappés à mort, gratuitement, ne comptent guère, et où seules sont célébrés les deux jeunes de Clichy, dont la mort est tout aussi dramatique.

Que dire de ces pousse-au-crime, sur les sites, ou dans les discours, qui voient dans les jeunes nihilistes criminels les descendants de mai 68 pour impulser la révolte sociale dans les banlieues ? Que dire de ces militants de la gauche bien-pensante, autistes au phénomène du 21 avril, incapable d’entendre les demandes de sécurité du peuple, qui ont lynché littéralement Ségolène Royal lorsqu’elle a commencé à parler de cette question en sortant du discours politiquement correct ? Respublica, qui pourtant ne fait pas partie des groupies de la présidente de Charentes-Poitou, avait, sans partager l’ensemble de ses propos, montré du doigt le véritable suicide politique de ceux qui calomniaient Ségolène pour ses propos sans proposer la moindre alternative en dehors de propos laxistes et consentants à la violence. Ces gens là faisaient passer un message terrible au peuple : si la gauche revient, cela sera de la prévention sans la répression, en laissant entendre qu’à gauche, le mot répression est toujours un gros mot pour beaucoup, et que suspects sont ceux qui s’en revendiquent ! Mais avec la droite et l’extrême droite, on aura la répression sans la prévention. Donc, si on voulait dégoûter les habitants de notre pays de la politique, on ne ferait pas mieux !

Alors que les vrais gens (ceux qui ne sont pas des militants politiques incapables de répondre aux aspirations du peuple) savent bien qu’il faut :

<!--[if !supportLists]-->·          <!--[endif]-->de la répression et de la prévention.

<!--[if !supportLists]-->·          <!--[endif]-->déclarer illégitime toute violence au sein du peuple.

<!--[if !supportLists]-->·          <!--[endif]-->rétablir la police de proximité.

<!--[if !supportLists]-->·          <!--[endif]-->revenir aux formations des BAC d’avant la politique de Sarkozy.

<!--[if !supportLists]-->·          <!--[endif]-->rétablir tous les services publics qui ont déserté les quartiers populaires (commissariats, centre de santé, planning familial , poste, centre de loisirs, renforcement des moyens dans l’école pour en faire des écoles d’excellence, éducation populaire, etc.).

Tout cela est nécessaire, mais il faudra du temps. En attendant, les citoyens ont besoin d’entendre un signal fort, qui fasse comprendre que le discours de gauche bobo, c’est fini, et qu’aujourd’hui, la volonté de faire régner l’ordre républicain dans les quartiers populaires sera sans faille, en s’en donnant tous les moyens. On ne peut plus accepter des comportements qui mettent en danger la vie d’autrui, pourrissent la vie quotidienne des citoyens, ne soient pas sanctionnés d’une manière exemplaire, qui ne donne pas envie aux coupables de recommencer de sitôt. Nul ne sait, aujourd’hui, comment les jours qui suivent vont se dérouler. Mais nul ne peut ignorer que dans trop de quartiers populaires, les chauffeurs de bus, souvent syndiqués, ont peur, et subissent tous les jours insultes et agressions. Nul ne peut ignorer que dans trop écoles, on fait de la garderie, on ne transmet plus de savoirs, que les enseignants sont insultés, et que le remarquable rapport Obin est hélas en dessous de la vérité. Nul ne peut ignorer que dans beaucoup de cités, les délinquants mafieux ont mis sous coupe des quartiers entiers, et que les intégristes religieux complètent le travail en encadrant politiquement les populations, et surtout les femmes. Mais le premier qui ose proposer des solutions qui sortent du moule du « politiquement correct » sait que les commissaires politiques de l’extrême gauche communautariste, loin de se lancer dans l’autocritique de toutes les sornettes qu’ils ont prononcées depuis vingt ans, participeront au rappel à l’ordre, et au lynchage du déviant. Pendant que Sarkozy est face à l’échec, que les socialistes font comme si ce problème n’existait pas, que le non de gauche (bien discrèt sur ces questions) cherche l’homme ou la femme providentiel, Le Pen, lui aussi fort discret, boit du petit lait devant une situation dont l’embrasement ne pourrait que lui profiter.

Stéphane Rozès disait que la principale aspiration des classes populaires, les 7 millions d’employés et les 6 millions d’ouvriers, était une demande de sécurité, physique et sociale, pour eux et leurs enfants. Seul un candidat de gauche au discours républicain, a aujourd’hui une chance d’empêcher le balancier d’aller de l’autre côté, comme un dimanche soir d’avril 2002.

Mais pour cela, il lui faudra se montrer particulièrement convaincant, courageux et audacieux pour que, au delà des mots, les électeurs comprennent qu’avec lui, il y aura une volonté politique de ne plus accepter ce qui est toléré en France depuis vingt ans.

Évariste dans Respublica du 30.10.06

( Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org

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Dimanche 29 octobre 2006

Le samedi 28 octobre 2006

 

Sezer met en garde contre tout recul de la laïcité en Turquie

 

Agence France-Presse - ANKARA

 

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a jugé "impensable" samedi tout recul mettant en cause le régime laïc turc, dans un message rendu public à la veille du 83ème anniversaire de la proclamation de la république de Turquie.

"Le principe de la laïcité est la pierre angulaire du processus de transformation" lancé le 29 octobre 1923 par Mustafa Kemal Ataturk lorsqu'il a proclamé la création de la République de Turquie succédant à l'Empire ottoman, a déclaré M. Sezer.

Accepter des concessions mettent en cause "les acquis et les principes de la République turque est impensable", a-t-il souligné.

 

M. Sezer, défenseur sans concession du régime laïc en place, est un farouche partisan de l'interdiction faite aux femmes de porter le voile islamique dans la fonction publique et les universités. Le voile est perçu par les défenseurs de la laïcité comme un signe de soutien à l'islam politique.

Il a notamment toujours refusé d'inviter des femmes portant le voile à la traditionnelle réception du 29 octobre organisée au palais présidentiel, une attitude qui a suscité l'indignation de nombreux députés du parti de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste, au pouvoir depuis 2002).

Ces députés et leurs épouses ont boycotté les réceptions présidentielles.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan s'est pour cette raison jusqu'à présent rendu seul à la réception du 29 octobre, sans son épouse Emine.

Selon le journal Hurriyet, M. Sezer a imposé de nouveau cette année le même code vestimentaire strictement laïc pour la réception du 29 octobre. Une cinquantaine seulement de députés AKP, sur les 355 appartenant à ce parti, devraient accepter d'assister à la réception de dimanche, écrit samedi le journal.

Le président Sezer a également mis en garde contre les agissements des confréries islamiques, interdites par la loi mais tolérées de facto, qui "cherchent à élargir leur sphère d'influence, notamment dans le domaine de l'éducation".

"Leurs efforts en vue de devenir plus puissantes et d'imposer leur autorité aux citoyens ... sont inacceptables", a-t-il dit.

Le président Sezer a souvent mis son veto à des projets de loi du gouvernement de M. Erdogan, qu'il considérait comme des tentatives d'accroître l'influence de la religion dans l'éducation nationale.

 

 

 

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Samedi 28 octobre 2006

 

Australie/Islamisme : les propos du mufti unanimement condamnés

26.10.06

« Si vous placez de la viande dans la rue sans la couvrir et que les chats viennent la manger (...) qui doit-on blâmer, les chats ou la viande à l'air ? (…) La viande à l'air, voilà le problème ! Si [la femme] était restée dans sa chambre, chez elle, portant son voile, aucun problème ne serait arrivé ». Voilà en substance les mots prononcé à Sydney par le Cheikh Taj Aldin al-Hilali, le plus haut dignitaire musulman d’Australie dans un prêche durant le mois de ramadan, rapporte le quotidien The Australian. Ces propos qui comparent la femme à une tentatrice et l’homme à un animal incapable de se contrôler ont provoqué l’indignation des Australiens, hommes et femmes, religieux et athées. Il faut dire que ce genre de déclarations est plutôt malvenue quand on sait que le Premier ministre John Howard a exhorté en septembre dernier les 300 000 musulmans australiens à « mieux s'intégrer dans la société ».

La responsable de la Commission gouvernementale de lutte contre la discrimination, Pru Goward, a exigé que le religieux d'origine égyptienne arrivé en Australie du Liban en 1982 soit démis de ses fonctions et expulsé du territoire. « C'est une incitation au viol (…) doit-on permettre à un homme qui incite les musulmans au crime de demeurer sur le territoire ? », s'est-elle insurgée. Les organisations islamiques ont de leur côté condamné sans ambages les propos du mufti. Le Conseil islamique des Nouvelles-Galles-du-Sud a qualifié ses remarques de « non islamiques, non-australiennes et inacceptables ».

Tom Zreika, le président de l’Association des musulmans libanais (LMA) et, par ailleurs, propriétaire de la mosquée où a eu lieu le prêche, déclarait que « la LMA ne laissera personne enseigner des principes qui vont à l’encontre des valeurs de notre société ». Il concluait toutefois qu’il fallait laisser au mufti « le bénéfice du doute »… Le chef spirituel des musulmans australiens a tenté de se défendre en affirmant qu'il faisait spécifiquement référence aux prostituées. Plus tard il a déclaré qu’il ne faisait que citer un autre religieux, sans toutefois marquer son désaccord avec ses « citations ».

28.10.06  - le mufti va « prendre du repos » mais refuse de démissionner (Photo The Age)

Cheikh Taj Aldin al-Hilali, qui a présenté des excuses « sans réserves à toutes les femmes que mes commentaires ont pu offenser. Mon intention était de protéger l’honneur des femmes (…) », a néanmoins annoncé qu’il ne démissionnerait pas. Le mufti renoncera toutefois à prêcher pendant plusieurs mois et à se rendre au pèlerinage musulman du hadj. « Nous sommes parvenus à un accord pour qu'il prenne un peu de repos (...) et de temps pour voyager », a déclaré Tom Zreika, le président de l'Association des Libanais d'Australie.

Ses propos ont soulevé un véritable tollé dans le pays, et la responsable de la Commission gouvernementale de lutte contre la discrimination, Pru Goward, avait appelé à des mesures plus radicales : non seulement démettre le mufti de ses fonctions mais également l’expulser du territoire.

 

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Samedi 28 octobre 2006

Le mouton de l’Aïd court toujours

Imaginons, le jour de la fête de l’Aïd, la publication dans la presse française du dessin d’un mouton fuyant à toute vitesse, poursuivi par un homme brandissant un couteau. Dans la bulle, le mouton dit : « Mais pourquoi veulent-ils m’égorger ? Pourtant, je ne suis ni une femme ni un intellectuel ». Le Conseil français du culte musulman (CFCM), Mouloud Aounit, le ban et l’arrière-ban de l’islamisme hexagonal monteraient au créneau pour dénoncer l’ « incitation à la haine raciale » et traîner le caricaturiste devant les tribunaux. L’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) en profiterait pour réactiver, devant l‘ONU, son exigence d’un délit de blasphème. Mais rien de tout cela ne s’est produit. C’était en 1994, une caricature de Dilem publiée dans un quotidien algérien, en Algérie, au plus fort des années de sang qui martyrisèrent ce pays durant dix ans.

L’analyse de cette amusante caricature est faite douze ans plus tard. « La bête parle et fait de l’humour avec les affaires religieuses : c’est ignoble... Il y a plus grave encore : en courant plus vite que l’homme qui veut le trucider, il (le mouton) ridiculise ce paisible musulman sacrifiant et humilie l’ensemble de la communauté musulmane, sinon la totalité des milliards de musulmans morts et vivants. Mais le pire n’est-il pas que ce mouton fuyant de peur devant un musulman qui veut le manger est de toute évidence islamophobe ! » commente Fethi Benslama, le 24 février 2006, lors d’un meeting organisé à la Cartoucherie de Vincennes pour dénoncer « la censure islamiste ».

Le 30 septembre 2005, le quotidien conservateur danois ‘‘Jyllands-Posten’’ avait publié douze caricatures du Prophète Mahomet. Quatre mois plus tard, le lobby international des Frères Musulmans -soutenus notamment par l’Egypte- ose des menaces de mort et, grâce à de faux dessins, déclenche des manifestations au Moyen-Orient, faisant des morts et des blessés… parmi les émeutiers musulmans. Les caricaturistes danois (non musulmans) deviennent officiellement des cibles potentielles pour les intégristes. « Une nouvelle machine a été depuis inventée, celle du « musulman humilié » : une machine infernale, puisque alimentée par une réalité certaine de mépris et des droits bafoués ici et là, tendant à justifier et à armer le mythe identitaire qui veut, au nom du sacré, poursuivre l’éradication de tout écart à la communauté des croyants, et légaliser, par les descendants de la révolution des libertés, l’empêchement de parler, d’écrire, de dessiner » analyse alors Fethi Benslama. Sept mois plus tard, il soutient exactement le contraire : le brûlot du philosophe Robert Redeker  vise à « produire la honte d’être  musulman ». Y aurait-il un Dr Fethi et un Mr Benslama ?  L’un, psychanalyste brillant, décortiquant l’hiver ce que l’autre, le « musulman humilié », profère l’été, comme dans une suggestion hypnotique ?     

Car le psychanalyste du 24 février 2006 n’hésite pas développer une critique hardie à propos de l’affaire des caricatures danoises : « Au nom de l’islam, tout est prétexte non seulement à interdire, à condamner, à excommunier, mais à éradiquer ce qui peut représenter l’« ironie de la communauté », la critique de son mythe (…) Car la censure au nom de l’islam tue, sacrifie, grille au feu de l’Enfer et dévore les insoumis, afin de les soumettre à la religion de la soumission » Et de citer l’écrivain Haydar Haydar, qui, en avril 2000, faisait proférer à l’un de ses personnages, dans son roman « Festin pour les algues marines » (publié à Chypre en 1993) : «Les lois des divinités bédouines, l’enseignement du Coran, c’est de la merde». Déclaré apostat, Haydar fit l’objet d’une condamnation à mort de la part  d ‘ « imam sporadique » ou d’ « un illettré coranique fatwatant » brillamment fustigés par ce même Benslama toujours en février dernier. Qui concluait d’ailleurs : « Après la condamnation pour une fiction de blasphème, à quand  le meurtre pour blasphème inconscient ? »

Eh bien le 19 septembre 2006, la réponse est tombée, déclenchée comme une bombe par un pamphlet virulent paru dans les colonnes du Figaro et intitulé : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? ». On attend maintenant une mise en pratique de l’exergue du Manifeste des Libertés, «  De même que l’Europe n’est pas la seule affaire des Européens, l’islam n’est pas la chose exclusive des musulmans ». L’idée commence à faire son chemin que les textes dits sacrés appartiennent au patrimoine littéraire de l’humanité. Et qu’en conséquence, il est loisible à tout un chacun de les traiter comme des objets littéraires. Qu’on peut détester ou aimer. Céline, qui haïssait les juifs, écrivit des horreurs antisémites. Aucun fanatique juif ne l’a condamné à mort pour autant.

Mais le 25 octobre 2006, à propos de l’affaire Redeker, Fethi Benslama souligne « Adhérer à la défense sans réserves (de Redeker),  c’est (…) faire apparaître un bloc d’« Occidentaux » outrageant  l’islam, contre un bloc de « Musulmans » le défendant, « un  monde libre » (expression de l’une des pétitions) contre un  monde qui ne désirerait pas la liberté, alors même que des «Musulmans » sont persécutés quotidiennement pour leur désir de libération ».

  On notera la qualification d’ « outrage à l’islam » (définition du blasphème), la reprise de la dangereuse bi-polarisation essentialiste « Occidentaux » contre « Musulmans » (avec des majuscules), la négation de l’existence d’un « monde libre » (référence à la liberté d’expression). Une parfaite illustration du système de non-pensée dans lequel l’islamisme veut emprisonner les esprits : le Bien et le Mal, le Vrai et le Faux, et l’Islam contre le reste du monde. Dans l’actualité quotidienne comme dans ce texte censé dénoncer cette caricature, l'islam apparaît (la faute à qui ?) comme la religion binaire par excellence où la pratique de la foi se limite à la connaissance du Bien et du Mal, du licite et de l'illicite.

La liste est atrocement longue des personnalités des lettres et des arts, et des « anonymes », tombés au champ d’honneur de la résistance à l’obscurantisme islamiste. Mais entre la défense des caricaturistes danois et le lynchage médiatique de Robert Redeker, on constate qu’il y a quelque chose de pourri dans le domaine de plus en plus menacé de la libre-pensée. Quelque chose qui tend à donner force et raison au titre du brûlot de Redeker : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? » De plus en plus de non musulmans, d’athées ou d’anti-cléricaux deviennent aujourd’hui objets d’intimidations. Pis, de menaces sur leur vie.  L’objectif est évident : c’est l’autocensure. La soumission spontanée du monde libre « afin de les soumettre à la religion de la soumission»  (Voltaire et Mozart en savent désormais quelque chose). Pour avoir écrit, déclaré et maintenu que  « La religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré », Michel Houellebecq n’a échappé à la fatwa qu’en allant se défendre devant le tribunal. A la barre, d’ailleurs, il en rajoute :  "L'islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition". L'écrivain a par ailleurs souligné son mépris pour tous les monothéismes et insisté sur le fait qu’à ses yeux, les textes sacrés des monothéismes sont dès le départ des textes de haine et non des appels à l'amour, à la paix et à la tolérance. L’actualité de ces trente dernières années n’en finit pas de lui donner raison. Sur le plan purement littéraire, Michel Houellebecq voit dans la Bible des passages "très bons" et d'autres "nuls à chier", le Coran lui apparaît "globalement médiocre". Et c’est parfaitement son droit, littérairement parlant.

L'écrivain a indiqué qu'il estime effectivement que l'islam est une "religion stupide" mais que son mépris ne s'étend pas aux musulmans. Je soutiens personnellement que, contrairement à ce que pense le pape, il est imbécile de vouloir faire entendre raison à un croyant. Mais il est criminel de vouloir imposer sa foi à un athée, ou à un croyant d’une autre religion. Pour un athée, le sacré n’existe pas. L’incroyant se fiche du texte mais respecte les personnes. Contrairement à ces croyants fascisants qui adorent le texte et trucident les gens au nom de l’amour divin. On n’a encore jamais vu une armée d’athées assassinant des croyants d’une quelconque religion. Mais le contraire est légion, si l’on ose dire. Les religions sont donc bien des facteurs de divisions, de haine et d’intolérance. Sauf pour celles et ceux qui les gardent pour eux. Sans obéir ni au pape, ni aux ayatollahs, ni aux mollahs, ni aux fourvoyeurs de conscience.

Le dangereux Houellebecq a reçu l’absolution de la République laïque. La Procureure de la République Béatrice Angelelli a en effet estimé que ses provocations concernaient que l'islam et pas les musulmans. Elle a mis en garde contre le glissement sémantique opéré par l'accusation. A quoi elle a ajouté que si Michel Houellebecq est effectivement un provocateur, il n'en appelle pas pour autant à la haine. La relaxe a été prononcée le 22 octobre 2002 et constitue une grande victoire pour la laïcité et la liberté d'expression. Le tribunal de Paris a jugé que ses propos très critiques à l'égard de l'islam ne constituaient pas une insulte envers les musulmans, un groupe de croyants n'étant pas assimilable à la religion à laquelle ils croient.

“L’appel au meurtre contre Rushdie a ouvert une jurisprudence par laquelle il est devenu loisible à n’importe quel imam spontané de prononcer une sentence de mort à l’encontre de n’importe quel intellectuel supposé musulman renégat, n’importe où dans le monde ”, faisait remarquer, à juste titre, le Fethi Benslama de l’hiver dernier.  Or, ces derniers mois, le champ de l’anathème s’élargit.  Non seulement les contestataires d’ « origine musulmane » voient se resserrer autour d’eux la condamnation pour apostasie ou blasphème. Mais encore il est interdit aux non musulmans de parler de l’islam, de ses pompes et de ses oeuvres. L’entrée des mosquées est bien interdite aux infidèles ? Eh bien désormais, l’accès au discours sur l’islam ou le Coran devient la propriété exclusive des « musulmans » labellisés, ou prétendus tels. On assiste en effet à l’exigence d’un brevet de légitimité. Il faut désormais être estampillé « de culture musulmane » pour être autorisé à critiquer, déblatérer, caricaturer, provoquer, le Coran et son Prophète. Houellebecq a osé passer outre et il a fait triompher la liberté d’expression. Mais depuis, la situation s’est bien dégradée. Plus grave encore : la fatwa est devenue un véritable contrat maffieux qui s’applique désormais à tout non musulman !

Le nouveau millénaire marque un tournant dans la fascisation de l’islamisme mondialisé. Cela ressemble beaucoup à la théorie de l’ « espace vital », de sinistre mémoire. Comme si l’islam se refusait à admettre sa situation de religion à la fois bousculée par le monde contemporain, et de plus en plus minoritaire. Car les preuves de volonté hégémonique s’accumulent. En 2 000, un groupe de terroristes islamistes assassine 2000 chrétiens qui protestaient contre l’application de la charia dans la ville de Kaduna au Nigéria. La même année, l'évêque des Moluques (Indonésie) dénonce le groupe terroriste indonésien Laskar Jihad pour son rôle dans les massacres et conversions forcées dans l'archipel, notamment dans l'île de Keswui. Une chrétienne des Moluques, Christina Sagat, est contrainte à la conversion et excisée de force. En Iran, en 2003, la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi est torturée et assassinée en prison, en raison de ses activités professionnelles.

En Europe, le 2 novembre 2004, le cinéaste néerlandais Theo Van Gogh est égorgé, à Amsterdam, par un islamiste marocain. Puni pour avoir réalisé un film, ‘‘Submission’’, où il montrait le dos d’une femme tatoué de versets du Coran pour dénoncer la soumission des femmes dans l’islam. Dans la France de 1994 déjà, le mannequin Claudia Schiffer avait scandalisé les organisations islamistes en défilant avec une robe imprimée de fragments de versets coraniques. La robe fut brûlée par la maison Chanel, ses photos censurées. Théo Van Gogh, lui, voulait dénoncer le danger que constitue l’islam radical pour l’Europe moderne et démocrate. Son assassin a déposé sur le cadavre une liste de personnes « condamnées », notamment la scénariste du film, Ayaan Hirsi Ali, députée hollandaise d’origine somalienne, aujourd’hui réfugiée aux Etats-Unis.

Laissons donc au Fethi Benslama de février 2006 les mots de la fin : « Dans les périodes les plus sombres de leur histoire, quand le colonialisme faisait régner son ordre de mépris et de négation des droits les plus élémentaires, les musulmans n’ont jamais considéré que leur Dieu était « humiliable », ni que les figures idéales de leur culture pouvaient être facilement diffamées : leur lutte pour leur dignité faisait simplement appel à légalité des droits, et non à la fabrique de la vengeance aveugle de l’«humiliation » - une notion inventée en Europe, qui appartient au lexique ecclésiastique de l’abaissement, de la honte, de la mortification, bref, à l’imaginaire de l’orgueil. Quand on tue des civils en masse, quand on égorge des hommes devant la télévision au nom de l’islam, n’est-ce pas là l’atteinte la plus grave contre laquelle les musulmans devraient protester ? Combien l’ont-ils fait ? » Tout est dit. Les écrits sont aussi têtus que les moutons. C’est sans doute cruel. Mais c’est la loi du genre. Encore faut-il maintenant, poser enfin les bonnes questions. Et tenter, ensemble, d’y répondre.

 
Hélène Michelini

 

 

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Mardi 24 octobre 2006

On aimerait pouvoir écrire, de temps en temps, sur autre chose que sur l’islamisme radical. Malheureusement, les jours se suivent et se ressemblent de plus en plus, et chaque semaine amène son lot de mauvaises nouvelles. Ces dernières semaines, nous avions déjà vécu l’affligeante polémique sur les propos de Benoît XVI (qui témoignait surtout du désastreux niveau intellectuel des imams et autres maîtres à penser qui s’autoproclament "guides" des communautés musulmanes), puis l’ubuesque affaire de ce policier britannique d’origine pakistanaise qui refusait de monter la garde devant l’ambassade d’Israël à Londres. Une position que l’establishment de la police britannique semblait trouver tout à fait compréhensible.

Ces derniers jours, nous avons eu droit à quatre nouveaux incidents.
A Lyon, une jeune lycéenne a été blessée par lapidation parce qu’elle mangeait durant le Ramadan.
A Paris, la décision de retirer leur accréditation à 43 bagagistes pour raisons de sécurité a rallumé la polémique sur les salles de prière clandestines dans les aéroports.
En France encore, on apprenait le 20 octobre que deux gynécologues avaient été violemment agressés à Paris pour avoir assisté des femmes qui accouchaient.
A Londres, ce sont les propos de Jack Straw (soutenu par Tony Blair), sur le voile islamique qui créent des tensions.

Quatre "incidents" révélateurs. Comme est révélatrice, parfois, la réaction des uns et des autres à cette triste actualité. A Lyon, M. Azzedine Gaci, président du Conseil régional du Culte musulman s’émeut de ce qui s’est passé. Pour lui, il serait nécessaire d’enseigner le Coran à l’école (sic !) pour que les "élèves sachent qu’une femme indisposée n’est pas astreinte au Ramadan". Ce commentaire amène deux réflexions. Tout d’abord, il nous semble que faire savoir qu’une jeune fille mineure a eu ses règles à tel ou tel moment est une violation de sa vie privée. Ensuite, si on lit bien monsieur Gaci, on pourrait presque en déduire qu’il serait légitime, au fond, de lapider une femme qui n’observe pas le Ramadan si son attitude n’est pas justifiée par des raisons de santé…

Dans le dossier des bagagistes, une association antiraciste et des syndicats évoquent "une chasse aux musulmans". Hélas, le problème est pourtant simple : si l’on cherche des islamistes radicaux, on a plus de chance de les trouver au sein de la communauté musulmane que chez les Témoins de Jéhovah.

A Londres, enfin, le président de la Commission pour l’égalité raciale, M. Trevor Phillips, met en garde contre le risque d’émeutes si l’on s’en prend au Niqab, ce voile total qui ne laisse apparaître que les yeux de la femme qui le porte. Autrement dit, acceptons tout et n’importe quoi pour préserver l’ordre public.

En définitive, on ne relèvera que deux sujets de satisfaction dans ces réactions : la position sans concession de l’association professionnelle des gynécologues de France qui estime à raison qu’il est inacceptable d’organiser le rôle des hôpitaux en fonction de la religion des patients, et celle de nombreux musulmans et musulmanes qui, sur les forums de plusieurs sites Internet (dont
www.bladi.net) se scandalisaient de l’obscurantisme des époux qui avaient cru bon de venger leur honneur (?) en passant des médecins à tabac. Une réaction, soit dit en passant, qui prouve bien que de très nombreux musulmans ne partagent pas la vision stupide et rétrograde de l’islam que certains voudraient voir triompher.

Ah ! Oui, il y a aussi Nicolas Sarkozy qui a déclaré, très sereinement, que son rôle était d’éviter des drames. Il a bien compris, lui, que la défense de nos valeurs, la défense de la laïcité et de la démocratie sont devenues des enjeux vitaux.

Si un homme s’estime insulté parce que sa femme est examinée par un médecin homme, c’est très triste pour lui, mais il n’a rien à faire en Europe. Si un homme estime que sa femme ou sa sœur se doit de porter le Niqab (ou, pourquoi pas, la Burka), il n’a rien à faire en Europe. Si des jeunes gens estiment que c’est être "bon musulman" que de lapider une jeune fille qui mange pendant le Ramadan, ils n’ont rien à faire en Europe. Il y a dans le monde assez d’endroits charmants comme l’Arabie saoudite ou le Pakistan où ces attardés pourront vivre pleinement leur version de l’islam.

Et si les politiques et les médias ne le disent pas haut et fort, si la situation continue à se dégrader, un jour, nous, les laïcs et les démocrates (en ce compris de très nombreux musulmans) nous nous retrouverons pris entre l’islamisme radical et l’extrême droite.

Claude MONIQUET, président de l’ESISC
(European Strategic Intelligence and Security Center
)
(23 octobre 2006)

 

par Claude MONIQUET, président de l’ESISC publié dans : Tribune libre
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Un député contre les discriminations racistes

Dans un communiqué de presse du 19 septembre dernier, Nicolas Dupont-Aignan, maire de Yerres, député de l’Essonne et président de Debout la République, s’insurge violemment contre les pratiques communautaristes de l’UMP de Nicolas Sarkozy :

 
"Je viens de recevoir une lettre stupéfiante d’Yves Jego, collègue de Seine et Marne, Secrétaire National de l’UMP en charge des nouvelles adhésions, me conviant à une réunion des élus UMP “issus des minorités visibles”. Pire, il me demande de transmettre cette invitation aux membres de mon conseil municipal qui en feraient partie ! Qu’est-ce qu’une minorité visible? Les porteurs de lunettes rouges ? Les amateurs de kilt écossais ? Ceux qui raffolent des perruques ? Plus sérieusement, il s’agit des personnes de couleur ! En un mot, derrière cette expression d’une immense hypocrisie, l’UMP me demande s’il y a un “Black” ou un “Beur” dans mon conseil municipal. C’est le retour de l’apartheid, sous couvert d’une charité condescendante et d’arrière-pensées électoralistes. Quelle insulte pour les Français de toutes origines ! Je n’ose même pas transmettre cette lettre au conseiller municipal d’origine antillaise qui siège dans mon conseil, il serait, j’en suis sûr blessé dans sa chair de Français. Cette discrimination "positive" est dégradante et porte atteinte à la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen comme à la devise de notre République, “Liberté-Egalité-Fraternité”.

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